Prisons/ 422 imams et mourchidate pour «redresser» les délinquants

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Il y a 422 imams et mourchidate qui prennent en charge l’encadrement religieux des personnes en détention dans les établissements pénitentiaires. C’est ce qu’a indiqué, mardi, Mokhtar Felioune, directeur général de l’administration pénitentiaire et de réinsertion, lors du séminaire national sur l’orientation religieuse dans les établissements pénitentiaires, organisé par le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs en coordination avec le ministère de la Justice.

Celui-ci a profité du rendez-vous pour «appeler à la révision des programmes d’éducation religieuse destinés aux prisonniers en vue d’améliorer  leur efficacité». Mokhtar Felioune a insisté sur la nécessité de «distinguer dans l’élaboration  de ces programmes entre les prisonniers, notamment les primo-délinquants et  les récidivistes». En d’autres termes, un programme d’éducation religieuse pour les «novices» et un autre pour les récidivistes nécessitant probablement un plus gros travail de la part des imams.

A ce titre, il y a lieu de signaler l’existence de «mesures incitatives au profit des récitants du Coran dont la liberté conditionnelle, la semi-liberté et les autorisations  de sortie». Le directeur général de l’administration pénitentiaire et de réinsertion a demandé, pour l’occasion, de porter à la hausse le nombre d’imams et mourchidate. Car, pour ce même responsable, l’éducation religieuse a «donné des résultats très satisfaisants en matière de redressement des délinquants». Ce qui reste évidemment à prouver au vu du taux élevé de récidive que ne cessent de dénoncer les policiers et les magistrats.

Ainsi, au lieu d’agir en amont, en offrant d’avantage d’opportunités d’épanouissement social aux jeunes, les pouvoirs publics préfèrent intervenir en aval, une fois les dégâts faits, et à fort renfort de religion, pour redresser une situation évitable.

Elyas Nour