L’effondrement de la monnaie algérienne face à l’euro risque de s’aggraver encore davantage d’ici 2018 ou 2019, prévient le professeur Abderrahmane Mebtoul, économiste et expert. Dans une analyse globale publiée sous forme de contribution, il fait remarquer que « si les réserves de change tendaient vers zéro à l’horizon 2018/2019, en cas de non relèvement de la production et de la productivité, et si les cours du pétrole se maintiennent à moins de 40/50 dollars,  l’euro sur le marché  officiel sera coté à 200 dinars et dépassera les 300 dinars sur le marché parallèle ».

Une telle analyse fait froid dans le dos et si ses lugubres prévisions se réalisent, les algériens subiront un véritable électrochoc. 2018, ou 2019, c’est dans deux ou trois années. Le risque de se retrouver dans une situation économique très précaire en raison d’une monnaie très faible va procurer aux algériens d’atroces misères surtout quand ils voudront partir à l’étranger pour se soigner et étudier. En plus, une telle chute du Dinar va se répercuter sur les prix de tous les produits alimentaires consommés massivement en Algérie. La cherté de la vie augmentera de manière vertigineuse et menacera les équilibres sociaux du pays. Bref, il s’agit d’un véritable scénario catastrophique qui s’explique, souligne l’économiste Abderrahmane Mebtoul, par la dépendance de la valeur du Dinar vis-à-vis des réserves de change « provenant des hydrocarbures et non du travail ».

Pour ne pas vivre avec ce cauchemar, « une autre  politique s’impose face à l’épuisement des réserves de change, du fonds de régulation des recettes et aux importantes mutations géostratégiques qui s s‘annoncent  décisives  dans notre région », suggère Abderrahmane Mebtoul. Ce dernier recommande fortement une « nouvelle vision stratégique pour éviter le retour au FMI ». Une vision qui privilégiera « l’économie de la connaissance, le développement des libertés publiques fondé sur une nouvelle gouvernance ».

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