Les Harragas algériens sont-ils forcément des jeunes sans instruction, issus des classes les plus défavorisées ? Il faut croire que non ! Les harraga sont aussi des jeunes assez instruits, diplômés et issus de la classe moyenne. C’est du moins ce qu’assure Rim Otmani de l’Ecole des Hautes études en sciences sociales « EHESS » de Paris, lors d’un débat animé, lundi, au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC) d’Oran.

Selon cette spécialiste, le phénomène de l’émigration clandestine a un nouveau visage, « celui des diplômés et des travailleurs qualifiés, âgés entre 18 et 30 ans avec une prédominance d’hommes de la classe moyenne ayant affronté un marché du travail précaire et, dans une démarche d’autonomie, tentent l’aventure », indique-t-elle en faisant savoir que la harga est devenu « le projet de vie d’une catégorie sociale représentant les forces vives de l’Algérie ». Notre pays perd en ses harraga quelques uns de ses éléments les plus dynamiques et les plus actifs.

Concernant les raisons qui poussent ces jeunes à fuir de la sorte le pays,  les participants au débat du CRASC d’Oran ont mis en exergue le rôle dangereux du « pessimisme et le sentiment d’exclusion ». « La tentative de chercher un avenir meilleur ailleurs sont quelques unes des motivations animant l’esprit des jeunes qui rêvent d’autres cieux pour réaliser leurs ambitions », ont souligné les sociologues et anthropologues qui ont participé aux travaux de ce débat.

Signalons enfin que près de 13.000 migrants algériens ont été arrêtés aux frontières européennes. L’Algérie est le 9e pays de provenance de migrants clandestins, selon un rapport de l’ONG « Algeria Watch » datant d’avril 2015 et se référant à l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (Frontex).

Nourhane S. 

 

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