L’école n’est plus ce lieu de savoir sûr et protégé qu’elle était autrefois. Aujourd’hui, en raison de la montée de la violence, notamment à l’encontre des enseignants, ce lieu s’est transformé en coupe-gorge pour ces derniers. Plus de 1200 écoles sont ainsi classées dangereuses par le ministère de l’Education nationale. Elles devraient être bientôt sécurisées par des…policiers.

En l’absence d’une stratégie efficace adoptée par le ministère de l’Education nationale, la violence à l’égard des enseignants est aujourd’hui un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Récemment, au Lycée de Saïd Hamedine, à Alger, un enseignant a été gravement violenté par son élève. Il n’a du son salut qu’à l’intervention des responsables du lycée.

A Sétif, au lycée d’Abdelhamid Ibn badis, un élève a lapidé son professeur de physique au moment où il s’apprêtait à entrer dans l’enceinte scolaire. Un autre élève du Lycée d’Ouled Haddadj, à Boumerdès, a agressé une enseignante enceinte qui a été transférée en urgence à l’hôpital.

Face à cette situation alarmante, la commission chargée de lutter contre la violence scolaire, installée par le ministère de l’Education, se prépare à révéler, en mars de l’année en cours, les résultats de son étude ainsi que les recommandations pour venir à bout de ce phénomène.

Par ailleurs, un responsable du ministère de l’Education a déclaré au quotidien El Khabar qu’un accord a été signé avec la DGSN pour sécuriser 1200 écoles classées dangereuses.

Concernant les raisons expliquant l’ampleur de ce fléau, M. Kouider Yahyaoui, coordinateur national du Syndicat des travailleurs de l’Education, a indiqué que le manque d’encadrement est la première cause de l’état de décadence dans lequel se trouve actuellement l’école algérienne.

Accusant les différents acteurs éducatifs d’être responsables de la situation, M. Kouider s’est interrogé sur le rôle de la commission de lutte contre la violence, installée par le ministère de l’Education, et qui n’a encore rien proposé de concret pour lutter contre ce fléau sociétal gravissime.

Nourhane S.