La coopération entre l’Algérie et la Russie continue de se renforcer à travers une intense activité diplomatique. La visite de Sergeï Lavrov, hier, à Alger, a permis de relever une parfaite identité de vues sur les questions chaudes que connaît la région.

Si les rencontres qui ont eu lieu hier lundi 29 février entre le chef de la diplomatie russe, Sergeï Lavrov, et plusieurs responsables algériens de premier plan dont le président de la République, s’inscrivent dans le cadre de l’approfondissement du partenariat entre Alger et la Moscou, celles-ci ont été essentiellement centrées sur la situation sécuritaire instable en Syrie et en Libye.

Le MAE russe a tenu à saluer les efforts déployés par l’Algérie afin d’arriver à une solution politique concernant les deux conflits qui se déroulent dans son voisinage immédiat, à savoir en Libye et au Mali. Les Russes estiment que la position algérienne est «proche ou convergente» avec celle de la Russie.

Sergeï Lavrov a tenu également à exprimer un sentiment d’amitié entre les deux nations. L’Algérie, a-t-il dit, «est un pays avec lequel la Russie compte faire beaucoup de choses, notamment dans le domaine économique et commercial». «Nous sommes d’accord  pour que le règlement de toute crise internationale s’appuie sur les  normes du droit international, la Charte des Nations Unies, mais également sur le respect de la souveraineté et l’intégrité territoriale de tous les États et éviter qu’il y ait toute influence sur leur politique intérieure», a-t-il ajouté.

En clair, la Russie compte s’opposer aux desseins américains dans la région, comme elle l’a fait au Moyen-Orient, et contestera toute intervention militaire en Libye. En tout cas c’est ce qui semble transparaître des déclarations du M. Lavrov qui a ajouté que les deux pays peuvent coordonner, de façon plus étroite, leur action sur la scène internationale, notamment sur le dossier libyen.

Il était également question d’économie lors de cette visite. La question du gel de la production de l’or noir a été mise sur le tapis. A ce sujet, l’officiel russe a déclaré qu’«il y avait trop de facteurs ayant une influence sur le marché énergétique. Et tous les responsables de ce secteur dans leur pays respectif doivent en tenir compte, qu’ils soient membres de l’Opep ou non». «Notre ministère de l’Énergie a déjà instauré un dialogue entre les pays membres de l’Opep et les pays non membres», a-t-il soutenu, précisant que «ce  dialogue va se poursuivre pour la recherche d’un équilibre d’intérêts entre les pays exportateurs et les pays importateurs».

Les deux partenaires ont également évoqué la possibilité d’une coopération dans le domaine du nucléaire civile. La partie russe s’est dite prête à accompagner l’Algérie dans tout programme concernant le développement du nucléaire à des fins civiles.

Massinissa Mansour