Les camps des réfugiés sahraouis de Tindouf sont en ébullition. Ils n’admettent pas l’oubli dont ils font l’objet par la communauté internationale. Et en plus de cela, ils vivent dans de dures conditions humanitaires.

C’est cette colère qu’ils sont venus exprimer, lundi, au secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-Moon, qui a effectué une visite dans le camp de Smara, près de Tindouf. Alors qu’il a été accueilli par des militaires sahraouis et des populations venues lui transmettre leurs doléances liées notamment à leur droit à un référendum d’autodétermination, un groupe de jeunes, excédés par les promesses non-tenues des Nations-Unies, s’en est pris au convoi du secrétaire général des Nations-Unies. Son véhicule a même été attaqué par des jets de pierre. Ce qui a poussé le staff des Nations-Unies, présent en force, et le service d’ordre à annuler des points inscrits à l’ordre du jour. A commencer par des rencontres, dans une école du camp des réfugiés, avec des écoliers puis un rendez-vous avec des jeunes sahraouis.

Ce qui a exacerbé la colère de la jeunesse sahraouie est surtout l’assassinat, le 27 février dernier, d’un jeune sahraoui par des militaires marocains dans la zone démilitarisée. La famille du jeune homme s’est même montrée radicale demandant au secrétaire général de l’ONU de diligenter une enquête sérieuse pour faire la lumière sur les circonstances de la mort de ce berger de 26 ans.

Pour répondre à cette colère, Ban Ki-Moon, qui a animé un point de presse à l’issue de sa rencontre avec les dirigeants du Polisario, a exprimé sa « compréhension » face à cette colère qui « indique que le peuple sahraoui est oublié de la communauté internationale ». Pour les dirigeants sahraouis, cette colère est l’expression de « la frustration » que les ces jeunes accumulent pendant des années. Surtout qu’en dehors des promesses, aucune avancée n’est enregistrée dans ce dossier qui dure depuis 40 ans.

Lors de cette visite qui l’a mené également dans les territoires gérés par le Polisario, Ban Ki-Moon n’a pris aucun engagement. Il s’est contenté de promettre des efforts pour relancer les négociations autour du référendum d’autodétermination. Ce qui n’est pas rien puisque cela signifie que la proposition marocaine de doter cette région d’une large autonomie n’est plus de mise.

Pour tenter de débloquer la situation, Ban Ki-Moon, qui se rendra « prochainement » à Laâyoune, située dans les régions contrôlées par le Maroc a promis de revenir dans la région en juin ou juillet prochains. D’ici là, les Nations-Unies devront chercher plus de vivres pour les populations sahraouies qui risque de manquer de vivre dès la deuxième moitié de cette année.

Essaïd Wakli