Malgré la crise, Abderrahmane Benkhalfa ne veut pas baisser les bras. Lors d’une intervention, mardi matin, sur les ondes de la radio nationale, le ministre des Finances a rappelé que le gouvernement «ira chercher» de l’argent partout.

«La situation est difficile. Mais elle n’est pas du tout dangereuse», explique Benkhalfa. Pour cela, les services des impôts de toutes les wilayas du pays sont mis sous pression. Ils devront sortir sur le terrain, dès la semaine prochaine, pour inciter les commerçants et industriels à payer leurs impôts. Ils vont s’acquitter d’au moins 50% des sommes réclamées par l’Etat. Ensuite, les services des impôts pourront leur établir des échéanciers. «Si les gens acceptent de jouer le jeu, personne ne sera embêté par les services de la fiscalité», a-t-il promis.

Le ministre des Finances a profité de cette occasion pour définir les contours de l’emprunt obligataire que l’Etat compte lancer dans les prochaines semaines. Abderrehmane Benkhalfa a en effet assuré que ce prêt sera sollicité par l’Etat pour uniquement la réalisation de projets économiques rentables. «L’Etat ne demandera pas un prêt pour construire des hôpitaux ou des écoles. L’argent sera destiné aux investissements économiques», précise-t-il. Parmi les projets qui seront financés par l’argent de l’emprunt obligataire, il a cité le grand port du centre qui va être construit à Cherchell et d’autres projets qui seront lancés par des entreprises économiques.

L’autre mesure prise par les autorités pour éviter la fuite des devises concerne la numérisation des opérations bancaires. Ainsi, selon le ministre des Finances, les importateurs n’utiliseront plus le papier pour l’obtention de domiciliation bancaire. «Plus personne ne pourra utiliser les devises de la nation pour autre chose que de l’importation», indique Benkhalfa qui plaide ainsi pour la «professionnalisation» du métier d’importateur.

Le ministre des Finances annonce de nouvelles dispositions concernant «les bureaux de change». Il  indique que la Banque d’Algérie est en train de travailler afin d’instaurer de «nouvelles règles» dans le secteur. Mais il ne dira pas plus. Par contre, il estime que la valeur du dinar ne pourra être «renforcée» que par «une économie forte». Ce qui passe par la décision définitive de «tourner le dos au pétrole».

Essaïd Wakli

Notez cet article