La ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghabrit, a présenté, lors d’une conférence de presse tenue à Alger, les grandes lignes de son ambitieux programme de réforme de son secteur. 

La ministre a abordé succinctement les grands axes de cette reforme de deuxième génération du secteur éducatif qui a pris naissance en 2003. «La rentrée prochaine, c’est-à-dire celle de 2016/2017, sera celle de l’entrée en vigueur des nouveaux programmes qui concrétisent la volonté de changement qualitatif inscrit sur le registre des reformes prévues par le secteur de l’éducation nationale», a-t-elle indiqué.

Le changement des programmes scolaires aura pour conséquence l’élaboration de nouveaux livres et manuels scolaires. La ministre a révélé que son département a mis au point un livre unifié pour la première et deuxième année primaire.

Durant cette rencontre, il a été surtout question de l’urgence du moment qui n’est autre que les concours de recrutement d’enseignant qui se tiendront du 28 mars au 17 avril, une échéance qui attire toute l’attention des acteurs du secteur. À ce sujet, Mme Benghabrit a indiqué que la page web du ministère de l’Éducation publiera dès demain toutes les informations nécessaires pour que les 22 000 candidats potentiels aux épreuves puissent s’orienter sans difficulté vers les 700 centres dédiés aux inscriptions munis des documents nécessaires à leur inscription.

Il a été également question, lors de cette conférence de presse, de lutte contre la violence. A ce titre, la première responsable du secteur a évoqué la convention-cadre signée, le 17 mars, avec le ministère de la Défense nationale et le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales dont l’objet est la prévention et la lutte contre la violence en milieu scolaire. Elle a également appelé à ce que les règlements intérieurs des établissements scolaires soient revus pour qu’ils soient en conformité avec la situation actuelle.

La ministre a également répondu à ses détracteurs, qui se recrutent notamment dans le courant islamo-baâthiste qui gangrène l’éducation nationale, qui lui reprochent de s’appuyer sur l’expertise française dans laconception de ses réformes. «Nous avons des conventions avec une cinquantaine de partenaires étrangers. Nous travaillons également avec l’UNESCO. Nos partenaires ne sont nullement habilités à intervenir dans le contenu des programmes. Leur rôle est de nous aider sur le plan méthodologique», a-t-elle déclaré.

Il faut dire que ces derniers jours, une vague de dénigrement très agressive a été dirigée contre Mme Benghabrit sur les réseaux sociaux. Une liste de dix noms de spécialistes étrangers a été publiée assortie du commentaire «voici les noms des gens qui  vont écrire les programmes de vos enfants». Les rentiers de l’école algérienne ne veulent décidément pas lâcher prise et semblent déterminés à maintenir leurs privilèges quitte à renouveler indéfiniment l’échec.

Massi Mansour

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