Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, a été accusé de tous les maux du pays lors de sa présentation, hier mardi, devant l’APN, de son rapport sur l’évolution de la situation économique et monétaire du pays pour l’année…2014. Les députés lui ont reproché d’avoir présenté un rapport avec des chiffres «morts» et de soutenir le marché parallèle de la devise.

Les attaques étaient virulentes. Les députés se sont déchaînés sur le premier responsable de la Banque d’Algérie. Et pour cause, un rapport présenté en retard et des données totalement inadéquates avec  la réalité économique actuelle.

Lakhdar Benkhelaf, député d’Al Adala, s’est interrogé sur ce qu’il a qualifié de mascarade: «Comment peut-on présenter un tel rapport alors qu’aujourd’hui toutes les données ont changé? Ce bilan est présenté en absence des représentants du gouvernement, ceux-là même auquel incombe le devoir de transmettre les préoccupations des député »l.

À défaut d’être interrogé sur le contenu obsolète de son rapport, M. Laksaci s’est vu accusé d’avoir «détruit le dinar», de favoriser le marché parallèle des devises et surtout de présenter un «canular de rapport» faisant état d’une «économie forte». «Vous avez détruit le dinar», a affirmé Lakhdar Benkhelaf, avant d’ajouter que la monnaie  nationale a perdu 50% de sa valeur au cours de l’année dernière,  «Vous avez légalisé le marché parallèle de la devise et c’est un feu vert au blanchiment d’argent et une reconnaissance des canaux de transfert illicite», a-t-il accusé.

Lakhdar Benkhelaf, Mansour Abdelaziz, Tahar Missoum, Habib Zeggad et d’autres députés de toutes les sensibilités s’en sont pris à «la politique monétaire maladroite et approximative» prônée par la Banque d’Algérie. On a reproché au gouverneur de la BA de venir chaque année à l’APN pour raconter des fables que personne ne croit plus. «Ça fait 20 ans que vous êtes là et vous n’avez toujours pas réussi à faire quelque chose», a accusé Tahar Missoum, avant de l’inviter à démissionner.

Actualité oblige, M. Laksaci ne pouvait échapper aux remarques désobligeantes concernant le retour de l’ex-ministre de l’Énergie Chakib Khalil. «Le retour de Chakib Khelil et son accueil avec les honneurs alors qu’il était criminel, voleur et corrompu est en soit, une provocation à l’égard des Algériens», s’est indigné Habib Zeggad du parti Al Adala, poursuivant: «Vous nous gavez de démagogie alors que vos pratiques démontrent l’absurdité de vos propos».

Même les députés du FLN se sont pas gardés de se livrer au jeu des reproches: «Ne venez pas seul sans les ministres», a déclaré l’un d’entre eux, avant d’ajouter: « J’aurais aimé que les ministres viennent et qu’on leur dise la même chose». «Vous serez limogé. Ils vous ont laissé seul pour vous sacrifier», a-t-il ajouté.

Massi Mansour

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