La cité Hay El-Gharassa, à Béchar, a connu des heurts d’une rare violence dans la journée du vendredi 25 mars. Des affrontements très violents ont éclaté entre les jeunes de la cité et des immigrants subsahariens. Les services de sécurité ont, selon des témoins, fait preuve d’un certain laxisme et les autorités demeurent muettes quant aux tenants et aboutissants de cette grave affaire.   

Les belligérants se sont affrontés à coups de projectiles faisant des dizaines de blessés, notamment parmi les immigrants. La brigade antiémeute du service de maintien de l’ordre, qui a longtemps hésité à intervenir, n’a pu disperser la foule qui s’est employée à déloger un groupe de Subsahariens encerclés dans le marché couvert de la ville.

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Les habitants de ce quartier de Béchar sont les seuls à s’exprimer pour situer les causes de ces affrontements, alors qu’aucune déclaration officielle n’a été rendue publique et aucune enquête n’a été diligentée pour l’instant. “Une fillette du village a failli être agressée sexuellement par l’un de ces Subsahariens”, prétendent les habitants qui déplorent “une dégradation de leur quartier depuis l’arrivée des Subsahariens”.

Benjedou Tahar, retraité, explique que la dégénérescence a débuté quand des artisans ont commencé à les locaux qui leurs avaient été attribués par l’État au niveau du marché couvert aux Subsahariens. Il explique que cet endroit est vite devenu un lieu de débauche ou se mêlent alcool, drogue et pratiques décadentes en tous genres. “C’est devenu invivable”, affirme-t-il, ajoutant que “des jeunes de la cité viennent ici pour fréquenter des Subsahariennes provoquant régulièrement des bagarres”.

D’autres témoins affirment, par contre, que l’affaire de l’agression sexuelle a été montée de toutes pièces par des islamistes, dont le père de la prétendue victime, dans le but de chasser les immigrants jugés trop libertins à leur goût, et, par la même occasion, faire main-basse sur les locaux commerciaux.

De son coté, la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) dénonce, par la voie de son président, Me Noureddine Benissad, l’attitude des autorités qui ont fermé les yeux face à “des violences, assimilable à une expédition punitive d’une autre époque”, avant de demander aux autorités “l’ouverture d’une enquête sérieuse et impartiale sur les allégations d’une éventuelle victime et sur les auteurs de cette attaque qui a ciblé un groupe d’individus sur la base de leur couleur et de leur situation d’étrangers”.

https://www.youtube.com/watch?v=Tjl4lRiXrCc

 Massi Mansour