Le secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, ne rate pas une occasion pour tirer à feu nourri sur les différentes formations de l’opposition. Son principal argument: une opposition intéressée, déconnectée et surtout déchirée. Les reproches faits à l’opposition sont les mêmes qu’on peut formuler  aujourd’hui à l’encontre du FLN et du RND, entrés dans une guerre de tranchées pour le contrôle de la nébuleuse partisane soumise au pouvoir.

N’ayant pas de ligne politique autonome des centres de décision à défendre, l’ex-parti unique, sur lequel règne l’inénarrable Amar Saâdani, se contente de tirer à boulets rouges sur l’opposition. Le SG du FLN accuse celle-ci, dans une sorte de jeu de cache-cache engageant l’avenir du pays, d’être opportuniste. Ses principaux acteurs se livreraient, selon les divagations de M. Saâdani, à des pratiques mondaines à travers les interminables réunions qu’ils organisent à longueur d’année. «Cette opposition n’a pas de programme. Elle rassemble des partis avec des programmes diamétralement opposés, à l’image du RCD et du MSP», disait Amar Saâdani, il y a quelques jours.

Même Ahmed Ouyahia s’est employé, en usant et abusant de la vieille méthode de la diabolisation, à porter des attaques virulentes contre les formations de l’opposition.  «Les ténors de l’opposition veulent cueillir le pouvoir au milieu du chaos en incitant à l’ingérence étrangère dans les affaires internes de l’Algérie», disait-il récemment.

Le FLN et le RND formant les deux piliers du pouvoir s’emploient à accréditer la thèse selon laquelle l’opposition apporte plus de mal que de bien au pays. Son action est tournée en dérision dans l’objectif manifeste de la présenter comme une entité irresponsable. «Ces partis ne nous ont même pas remerciés pour le travail que nous avons fait en leur faveur», ironisait Saâdani pour commenter l’attitude de l’opposition durant l’élaboration du projet de révision de la constitution.

Bref! Saâdani clame à qui veut l’entendre que l’opposition est néfaste, contre-productive. Pourtant ses rapports avec le SG du RND, qui n’est autre que son allié stratégique au sein du pouvoir sont très tendus. Ahmed Ouyahia reproche au FLN une ligne de conduite qui n’épouse nullement sa conception de la politique. Les deux appareils politiques, maintenus en vie par le régime algérien par la grâce de la fraude électorale, semblent avoir choisi, depuis quelques mois, des trajectoires relativement différentes. Entre les deux partis, un dialogue de sourds s’est installé.

 Le SG du FLN est déterminé à faire de son parti la locomotive de la politique algérienne. À ce sujet, M Saâdani affirmait en octobre 2015 que «les alliances telles quelles ont été conçues dans le passé ne sont plus valables car aujourd’hui le FLN est la locomotive». Ces déclarations ont suscité de vives réactions au sein du RND. «Le FLN est un allié stratégique, mais son mode ne nous convient pas», rétorquait Ahmed Ouyahia lors d’une réunion avec les jeunes de son parti le même mois.

Décidément Amar Saâdani est en guerre contre tout le monde. Monté au maquis contre l’opposition, qui doit tenir son deuxième congrès le 30 mars, ce dernier a essuyé un autre refus du RND qui a décliné son invitation à rejoindre son « bouclier anti-opposition », dont l’acte fondateur est la grande messe qu’il compte organiser à la coupole du complexe Mohamed Boudiaf…le 30 mars en cours.

M. Mansour