La radicalisation et puis l’enrôlement au sein des organisations terroristes ne sont nullement liés à la faillite de l’intégration, selon le politologue français, spécialiste de l’islam Olivier Roy. Pour lui les causes sont ailleurs. Explications.

Pour le professeur Olivier Roy la radicalisation ne peut être le résultat d’un échec du processus d’intégration, qui est pour lui un slogan manié maladroitement à des fins politiciennes.

Un pourcentage important de ceux qui se joignent à des organisations terroristes sont, selon lui,  des jeunes qui n’ont pas de problème d’intégration: « Ils parlent français, anglais et allemand et maîtrisent la langue et les codes culturels occidentaux ». D’ailleurs, afffirme-t-il, « les organisations terroristes à leur tête Daech, ont mis sur pied un contingent maîtrisant parfaitement la langue française pour cibler les jeunes français et belges qui ont un déficit en langue arabe ».

« C’est par rapport au «nihilisme», qui est le fruit de la pensée occidentale, que ces jeunes choisissent de rejoindre Daech. Ils ont une véritable obsession pour l’esthétique de la violence chose qui n’est pas en accord avec la tradition islamique », explique le politologue français.

La dimension religieuse est indéniable, selon lui, car elle donne un aspect beaucoup plus profitable à ce nihilisme. « Le suicide à travers des attentats terroristes, ainsi que les crimes abjects perpétrés sous couvert de la religion devient une garantie pour la vie éternelle », indique le spécialiste français.

A ce sujet, l’universitaire touche un exemple très concret. Il dit qu’en Italie la police a arrêté récemment des jeunes qui ont assassiné un gars de leur bande. Quand on les a interrogés pour le motif de ce crime, ils ont répondu qu’ils voulaient essayer ce que ça faisait de tuer une personne. La presse italienne les a traités de fous, mais M. Roy s’est interrogé sur la réaction de la presse, si ces jeunes avaient crié Allah Akbar avant de commettre ce crime.

En plus du nihilisme, le professeur Olivier Roy évoque également un conflit générationnel. Selon lui, le terrorisme a plus une dimension psychologique que religieuse.

Massi Mansour