Les réformes que veut entreprendre la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit, irritent au plus haut point les conservateurs et les islamistes de tous bords. Le Président de l’Association des Uléma musulmans algériens, Abderrezak Guessoum, veut faire dans l’obstruction.

Pour lui, même s’il ne dit pas clairement, il n’est pas question de toucher à l’école algérienne sans passer par eux. Les programmes doivent être élaborés d’après leurs orientations idéologico-religieuses. A cet effet, lors d’une conférence de presse qu’il a tenu hier, celui-ci a appelé à la «relance» du Conseil supérieur de l’éducation pour la reforme du système éducatif qui est, selon lui, «prévue dans la constitution».

Pour Abderrezak Guessoum, qui relève «l’importance de préserver les fondements de l’identité nationale et de les intégrer dans les programmes scolaires», il faut «recourir aux compétences nationales et aux experts algériens». En d’autres termes, celui-ci véhicule l’idée lancée par certains cercles, selon laquelle Benghabrit ferait appel à des experts français pour élaborer les programmes scolaires, ce que la concernée a formellement démentie.

Nouria Benghabrit subit des tirs nourris de toutes parts. Jusqu’à quand pourra-t-elle résister sans le soutien des autres membres du gouvernement qui, il faut le croire, rechignent à faire preuve de solidarité à son égard face aux partisans du statu quo dans notre système scolaire.

Elyas Nour