Va-t-on vers la fin de la vente sauvage de devises ? La réponse est oui si on prend au sérieux un nouveau règlement de la Banque d’Algérie, publié dans le dernier numéro du Journal Officiel.

Le nouveau règlement n’apporte apparemment pas une révolution particulière. Il permet juste d’autoriser les bureaux de change à échanger la monnaie nationale contre des monnaies étrangères. Une activité qui existe dans une loi qui date de 1997. Mais sur les 46 bureaux de change agrées à l’époque, seuls 6 restent ouverts.

Il reste maintenant à la Banque d’Algérie de fixer une nouvelle marge bénéficiaire aux bureaux de change. Celle-ci est fixée, jusque-là, à 1%. Une marge très réduite pour des sociétés qui sont crées, naturellement, pour gagner de l’argent. La marge bénéficiaire va donc augmenter. « Une marge bénéficiaire de 1%, comme c’est le cas actuellement, veut dire que le bureau de change peut acheter la devise à un prix inférieur à 1% par rapport au taux de change de la BA et la vendre à un prix supérieur de 1% de ce taux, et c’est infime comme gain, comparé aux gains réalisés sur le marché informel de la devise », note un banquier, cité par l’agence officielle APS.

L’autorisation de création de nouveaux bureaux de change permettra à beaucoup de cambistes, qui travaillent jusque-là dans les réseaux parallèles, de rentrer dans le circuit officiel. Une manière donc de faire profiter les banques des énormes sommes de devises qui sont échangées sur le marché noir.

Cette autorisation à rouvrir les bureaux de change ne permet pas la convertibilité totale du dinar. « Aucun pays émergent, qui a des rentrées limitées en devises ou issues d’une seule ressource, comme les hydrocarbures pour l’Algérie, ne peut autoriser une convertibilité totale de sa monnaie! car une telle mesure se répercutera immédiatement par une sortie massive des devises vers l’étranger », explique une autre source bancaire citée par l’APS.

La question reste de savoir si cette mesure va resserrer l’écart qui existe entre le taux de change officiel et le taux parallèle. Car, c’est cela qui déterminera l’adhésion ou non des cambistes à la nouvelle loi.

Essaïd Wakli