Le pouvoir a finalement choisi la répression dans la gestion du conflit opposant les enseignants contractuels à la tutelle. Est-ce une option stratégique qui sera étendue à tous les secteurs? 

Le ministre de l’Éducation nationale est resté figé sur ses positions malgré l’élan de solidarité considérable dont ont bénéficié les enseignants contractuels. L’épilogue de ce mouvement constitue une première dans ce secteur où les mouvements de protestations finissent d’habitude par avoir gain de cause.

Qu’est-ce qui a changé dans le mode de fonctionnement du ministre de tutelle s’interrogeront certains ? Autrement dit, pourquoi les techniques d’approche et de gestion des crises comme celle qui vient d’avoir lieu ont-ils changé ?

Il faut tout d’abord souligner que le service de gestion des crises au sein du ministère de l’Éducation nationale était, dans un passé pas  si lointain, chapeauté par un officier des services de renseignements (l’ex-DRS). Ce dernier était chargé de gérer les mouvements de protestations et veiller à ce que ces derniers n’éclatent pas et n’aient pas un écho social. L’angle d’attaque semble avoir considérablement changé. L’approche est devenue plus agressive. Plusieurs facteurs tels que la fragilité politique actuelle et la crise économique que traverse le pays peuvent également expliquer le comportement de la tutelle.

Mais la bonne question est celle de savoir qui chapeaute aujourd’hui le service de gestion des crises du ministère de l’Éducation nationale et quelle est sa vision de la gestion des mouvements de protestation ? La réponse à cette question peut renseigner sur le choix de la politique de la castagne.

Le ministre de l’Éducation est intervenu hier lundi pour expliquer à qui veut l’entendre que les actions du gouvernement s’inscrivent sur le registre…de la politique d’apaisement. Elle a déclaré dans ce cadre que « les enseignants contractuels contestataires ont un délai de deux jours, de lundi à mardi à 23 h 59, pour s’inscrire sur les listes des candidats au concours ». Ce discours «d’apaisement» retentit comme une mise en garde contre toute velléité de protestation. Dans tous les secteurs ?

Mohamed Faradj

Notez cet article