Le ministre de la Communication, Hamid Grine, s’est exprimé, hier lundi, à Alger, sur le sort des chaînes de télévision déjà existantes et celles à venir, estimant qu’aucune d’entre elles ne pourra émettre sans autorisation préalable des autorités. M. Grine s’est également prononcé sur la situation de la presse nationale en avançant une appréciation très sévère.

C’est en marge d’une conférence sur la déontologie dans la presse que le responsable du secteur a affirmé sans ambages qu’«aucune chaîne de télévision ou de radio ne peut être créée sans l’accord des autorités», ajoutant que «l’État algérien a été extrêmement tolérant, mais cette tolérance a des lignes rouges qu’il ne faut pas franchir ».

Le message semble s’adresser à tous. «Des fréquences seront allouées aux chaînes de droit étranger sous condition que celles-ci répondent au cahier des charges», une manière de dire que les chaînes développant une vision différente de celle prônée par le pouvoir se verront recaler.

Hamid Grine s’est étalé sur le sujet pour livrer au bout du compte des réponses approximatives renseignant sur sa méconnaissance des lois encadrant le secteur. Interrogé sur le rachat du groupe El-Khabar par Cevital, le ministre a, en effet, affirmé ne pas pouvoir répondre à cette question, et qu’il allait voir «si la loi permettait cette transaction».

Livrant ses impressions sur la presse écrite M. Grine a estimé que sur les 155 journaux formant le paysage médiatique algérien, «20 journaux ont un poids et une importante sur le marché », indiquant par là même que «sur ces 20 journaux, la moitié est gérée professionnellement». Le ministre n’est pas allé avec le dos de la cuillère en comparant les autres journaux à des épiceries administrées par des amateurs; «Certains journaux n’ont aucun journaliste doté de la carte de presse professionnelle», a-t-il déclaré, ajoutant que leurs employés ne sont même pas assurés et n’ont pas de contrat de travail».

Hamid Grine mène une politique dure contre les médias qui n’épousent pas la vision gouvernementale. A ce propos, il a récemment qualifié la presse nationale de puérile n’ayant aucune crédibilité. Les mesures annoncées par le gouvernement dans le domaine semblent aller dans le sens du musellement et non de l’épanouissement de la liberté d’expression.

Massi Mansour