Le secrétaire général du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mohamed Khiat, a avancé des chiffres fantaisistes quant à la réalité du travail au noir dans notre pays. Il a ainsi affirmé que la moyenne des travailleurs non déclarés à la sécurité sociale est de 13 %. Pour sa part, l’Office national des statistiques (ONS) avait, en 2014, rendu public le chiffre de 42,4%. Une baisse aussi spectaculaire que suspecte.

Les nouvelles estimations sont jugées satisfaisantes par le ministère du Travail, car les dernières estimations enregistrent «une évolution positive», soit une diminution de 2% par rapport à l’année dernière, selon les termes mêmes de son SG, tenus lors d’une conférence de presse animée en marge de la rencontre de célébration de la Journée mondiale sur la «Sécurité et la santé au travail».

Le ministre a également fait savoir que le nombre des jeunes inscrits en pré-emploi tourne autour de 1,3 million travailleurs. «Les concernés sont pris en charge soit en milieu économique, soit par l’administration», a-t-il énoncé. Ces résultats considérés satisfaisants par le gouvernement seraient dus aux dispositions de la loi de finances complémentaire 2015, qui ont mis l’accent sur la nécessité de procéder aux opérations de déclarations.

Ce qui interpelle singulièrement dans les chiffres fournis par le gouvernement, c’est leur déconnexion totale de la réalité du terrain. Il faut savoir en effet qu’en septembre 2014, le très officiel ONS avait estimé le nombre de travailleurs au noir à 42,4%. Par quel miracle donc a-t-on pu être le résorber pour atteindre 15% en 2015 et 13% en 2016 ? Surtout qu’entre temps la situation financière du pays s’est dégradée et avec le niveau des investissements.

Massi M.