L’Algérie, et particulièrement la Kabylie, célébrera, demain 20 avril, le 36anniversaire du Printemps berbère d’avril 1980. Une célébration qui sera marquée par une forte mobilisation du MAK (Mouvement pour l’autodétermination de ma Kabylie) et, surtout, par la demi-officialisation de tamazight, une des vieilles revendications des militants de la cause amazighe.

Alors que les acteurs locaux, notamment le RCD et le MAK, organisent des rencontres et autres activités pour célébrer l’anniversaire du Printemps berbère, le pouvoir, lui, se perd en conjectures. A quelques jours de la célébration de cet anniversaire, dont les militants veulent faire une journée nationale, plusieurs responsables, à commencer par Abdelmalek Sellal, se sont mis à attaquer le MAK et les partisans de l’autonomie. «L’unité nationale est une ligne rouge», a indiqué le Premier ministre depuis Constantine. Son ministre de la jeunesse et des Sports, El Hadi Ould-Ali, qui fut pourtant un ancien militant de la cause amazighe, s’est lui aussi attaqué aux organisateurs des manifestations du 20 avril. Oubliant sciemment qu’en plus du MAK, le RCD organise des marches populaires, le ministre estime que ceux qui «organisent » les manifestations veulent diviser le pays». «Tamazight est devenue langue officielle, il n’y a donc aucune raison de manifester », a-t-il déclaré sur les ondes de radio Tizi-Ouzou.

De son coté, le MAK semble être déterminé à réussir ses activités. Le mouvement autonomiste, qui revendique maintenant l’autodétermination de la Kabylie, prévoit des marches dans les trois principales villes de Kabylie, à savoir Bouira, Béjaïa et Tizi-Ouzou.

Le RCD opte, lui, pour des conférences-débat qui auront lieu dans les grandes villes de la région. Mais le parti de Mohcine Belabbes organise, depuis déjà quelques jours, des conférences dans plusieurs localités de Kabylie. Souvent, ces conférences-débat se tiennent sans l’autorisation des autorités.

A cela, il faut ajouter les conférences qu’animent les acteurs du Printemps berbère. Cela se tient autant dans les cités universitaires que dans des centres culturels.

L’autre nouveauté de cette année est surtout le risque d’affrontement entre les militants du MAK et les autorités. Surtout que le pouvoir a déployé de grands renforts de policiers et tenté d’interdire des conférences dans des enceintes universitaires.

Essaïd Wakli