Said Bouteflika NB

Désormais, les hauts fonctionnaires règlent leurs conflits et leurs affaires avec la loi chez le coiffeur de Saïd Bouteflika à Moretti. C’est du moins ce qui vient de se passer à Staouéli, dans la banlieue d’Alger, où Mouloud Melzi, le fils d’un haut fonctionnaire, Hamid Melzi, le très influent directeur de Club des Pins, est en train d’aménager un restaurant de luxe après avoir repris, dans des conditions douteuses et peu transparentes, le célèbre restaurant l’Hacienda de Moretti et l’ancienne boite de nuit la Sfina. 

Le chantier suscite de nombreuses interrogations car ces deux adresses, naguère très courues par le tout Alger, appartenaient à l’Entreprise de Gestion Touristique (EGT) de Moretti. Les interrogations ont fini par éveiller les soupçons des autorités compétentes puisque, lundi dernier, a-t-on appris de sources concordantes, des représentants de la wilaya d’Alger, de la mairie de Staouéli et des éléments de la Gendarmerie nationale se sont déplacés sur les lieux pour demander l’arrêt des travaux pour les besoins d’une enquête complémentaire, d’autant plus que le propriétaire du chantier, le fils du puissant directeur de Club des Pins, avait demandé auparavant à la mairie “une autorisation de vente de boissons de catégorie 03”. 

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Mais l’enquête des autorités ne semble pas avoir duré longtemps puisque cette affaire a été quasiment « élucidée » grâce à la visite courtoise du papa du propriétaire du chantier à Saïd Bouteflika, qui se rend régulièrement à Moretti pour se couper les cheveux chez son coiffeur particulier. D’ailleurs, à chacune de ses visites, le coiffeur ferme carrément son salon et aucun autre client ne peut y entrer.

La semaine écoulée, Hamid Melzi, a patienté devant ce salon guettant la sortie de Saïd Bouteflika. Lorsque le frère du Président a terminé de se coiffer, il lui a exposé, à même la rue, son problème -enfin, celui de son fils!- et l’a supplié de voler à son aide. Et depuis, il semble que les autorités ont abandonné leur enquête.

Comme quoi, pour se débarrasser de leurs soucis, les hauts fonctionnaires de l’Etat algérien recourent soit aux zaouïas, soit au coiffeur de Saïd Bouteflika. Est-ce une République digne des temps modernes ?