Si je m’appelais Chakib Khelil, je n’aurais jamais instrumentalisé la religion pour justifier mon retour dans mon pays natal. Si je m’appelais Chakib Khelil, je me serais rendu dans un tribunal pour demander à ce que la justice établisse mon innocence. 

Si je m’appelais Chakib Khelil, je n’irais pas parler aux choyoukhs des zaouaïs. Je me serais adressé aux juges pour leur demander de m’offrir un procès équitable afin de défendre mon honneur. Si je m’appelais Chakib Khelil, je demanderais à parler à l’ancien procureur de la République près la Cour d’Alger, BelkacemZoghmati, pour qu’il m’explique les faits probants sur lesquels il avait lancé un mandat d’arrêt international à mon encontre. Si je m’appelais Chakib Khelil, je ne me contenterais pas de parler aux chaînes de télévisions fidèles au régime. J’organiserais une grande conférence de presse où je m’adresserais à tous les Algériens sans aucun filtre, aucun faux-fuyant et en toute franchise.

Si je m’appelais Chakib Khelil, je n’aurais pas crié au complot sans fournir la moindre explication concernant mon implication ou pas dans les affaires Sonatrach 1 et 2. Si je m’appelais Chakib Khelil, je n’aurais rien caché aux Algériens concernant les dessous de ces scandales de corruption. Si je m’appelais Chakib Khelil, j’aurais développé mes arguments sur le rôle prêté aux enquêteurs du DRS dans ces scandales. Si je m’appelais Chakib Khelil, j’aurais demandé une confrontation publique et directe avec les anciens hauts responsables des renseignements pour leur prouver que j’ai été déshonoré à tort.

Si je m’appelais Chakib Khelil, je ne me serais jamais caché derrière mon amitié avec Abdelaziz Bouteflika. Je n’aurais jamais exhibé mon patriotisme pour maquiller la fuite de mes responsabilités. Si je m’appelais Chakib Khelil, j’aurais servi mon pays en révélant tout ce que je sais à mes compatriotes sans leur cacher le moindre détail sur les plus grosses affaires de corruption de l’histoire de l’Algérie. Si je m’appelais Chakib Khelil, j’étalerais au grand jour mon patrimoine en y expliquant son origine. J’aurais démontré que je n’ai rien volé ni rien détourné. Si je m’appelais Chakib Khelil, je n’aurais pas tenté de racheter ma virginité en reproduisant le langage de bois de ce régime si déconnecté de la société.

Si je m’appelais Chakib Khelil, l’honneur et la dignité m’aurait dicté de me présenter à la Justice pour dévoiler la vérité sur ces pratiques scabreuses qui ont noirci l’image de notre pays à l’étranger.  Si je m’appelais Chakib Khelil, je n’aurais jamais demandé la baraka des Zaouïas avant de réclamer le pardon de mon peuple…Mais je ne suis pas Chakib Khelil. Et Dieu merci.

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