En Kabylie, les prédicateurs salafistes ne sont pas les bienvenus. Vendredi dernier, des citoyens ont chassé un groupe de prédicateurs qui s’apprêtaient à donner un prêche en plein air devant la mosquée de Louta, à Souk El Ténine, dans la wilaya de Béjaïa. 

« Inquiétés par cette pratique du prêche public, étrangère aux mœurs religieuses locales, les citoyens ont sommé lesdits prédicateurs de quitter les lieux sur-le-champ », rapporte le correspondant local d’El Watan. Les citoyens de cette localité de Kabylie n’ont pas accepté que les partisans d’un courant religieux qu’ils considèrent comme « fanatique » et « extrémiste » nidifie dans leur région. « Ce groupe d’une dizaine de membres, en tenues afghane et saoudienne, organisait des halaqate généralement devant les mosquées, distillant un discours décrit comme «incendiaire». Ses membres, dont certains sont originaires de l’ouest du pays, se disaient animés par l’obligation religieuse de rappeler la «oumma» vers le droit chemin en prêchant la bonne parole sur la voie publique », ont expliqué des sources locales dans les colonnes du quotidien El-Watan.

Il s’agit visiblement de ce même groupe qui avait défrayé la chronique lorsqu’il s’était installé sur une placette attenante à la mosquée Ibn Badis à Béjaïa. Ce groupe de prédicateurs avait suscité l’émoi de la population locale en s’adonnant à des prêches religieux à l’extérieur de la moquée qui ne collaient nullement aux références religieuses locales.

Il est à rappeler que ce n’est pas la première fois que la population de Kabylie rejette la présence de prédicateurs salafistes. En août 2010, à Aghribs, wilaya de Tizi-Ouzou, la population s’est mobilisée également contre le projet d’édification d’une mosquée initié par des salafistes.