Concepteur du drapeau algérien/ Chawki Mostefaï tire sa révérence

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Un autre géant de la lutte pour l’indépendance nationale s’en va. Le docteur Chawki Mostefaï, concepteur du drapeau algérien est décédé, ce dimanche, à Alger à l’âge de 97 ans.

Chawki Mostefaï, né en 1919 à M’sila, d’une famille originaire de Bordj-Bou  Arréridj, fut un des principaux dirigeants du mouvement national. Il a obtenu, en 1938, un baccalauréat en philosophie qui l’a conduit à mener des études en médecine à Alger, puis à Paris. C’est également pendant cette période qu’il a entamé sa carrière militante au sein du PPA (Parti du peuple algérien). C’est d’ailleurs lui qui a conçu, en 1945, le drapeau algérien que l’épouse de Messali Hadj avait cousu dans sa maison algéroise.

Chawki Mostefaï a occupé, dès 1955, des postes importants au sein du FLN. Il est devenu «ambassadeur» de la révolution algérienne en Tunisie, puis en Irak et plus tard, au Maroc. Il a également été un des proches conseillers de Belkacem Krim, alors ministre de l’Armement dans le premier Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). C’est lui que le GPRA avait chargé de négocier le cessez-le-feu avec l’OAS (Organisation armée secrète), que présidait à l’époque le général Susini. Chawki Mostefaï était également membre de l’Exécutif provisoire au nom du FLN.

Après l’indépendance, Chawki Mostefaï s’est retiré de la vie publique et a mené une carrière de médecin. Il a vécu sa retraite à El Biar où il s’est éteint ce dimanche.

«Je me refuse à répondre à toute question concernant la politique suivie en Algérie depuis 1962 à ce jour, parce que j’ai pris volontairement et avec beaucoup d’amertume ma retraite politique ayant été qualifié de traître pour avoir négocié avec l’OAS alors que je n’avais fait qu’exécuter une décision émanant de l’autorité supérieure, le GPRA en l’occurrence. Le GPRA agissant solidairement sous l’empire de la menace d’une déflagration de La Casbah et de Belcourt dont les égouts étaient bourrés d’explosifs suite à l’information que nous a communiquée le commandant Azzedine, responsable de la Zone autonome qui était en relation coopérative avec la gendarmerie française dans la lutte contre l’OAS», avait-il déclaré lors d’un entretien à E Watan.

Essaïd Wakli