Amar Saâdani n’a plus la cote. Le secrétaire général du FLN, habitué à des sorties tonitruantes, s’est étrangement montré sage lors d’une conférence de presse, animée samedi, avant une rencontre avec les responsables locaux de son parti. Amara Saâdani a tenu un langage mesuré. Il a non seulement évité de s’attaquer, comme de coutume, à son rival, Ahmed Ouyahia, mais il a même félicité celui qui vient d’être intronisé secrétaire général du RND.

Alors qu’il a refusé de se présenter aux travaux du Congrès du RND, Amara Saâdani s’est empressé de féliciter Ouyahia. A contrecœur. Puisque contrairement à Amar Saâdani, le directeur de cabinet de la présidence de la République a reçu, publiquement, les félicitations du Chef de l’Etat. Un geste que beaucoup d’observateurs ont interprété comme un soutien franc que le palais d’El Mouradia envoie au tout puissant directeur de cabinet.

Plus qu’un soutien à Ouyahia, ce message «présidentiel» est également un signal à Amar Saâdani. Ce dernier n’a plus la cote et serait même l’objet d’un projet visant à le débarquer de la tête du vieux parti. Car, après avoir mené les sales besognes comme celle s’attaquer au général Toufik et à l’opposition, Amar Saâdani commît la grave erreur d’être le dernier à prendre le train dans l’affaire de la photographie postée par Manuel Valls. Le secrétaire général du FLN -donné pour malade- ne souffla mot pendant que la polémique faisait rage. Et lorsqu’il revint au devant de la scène, deux semaines plus tard, l’homme tint un discours timoré et, suprême sacrilège, qualifia ceux qui ont défendu le chef de l’Etat d’«agents de la France».

 Il reste maintenant à savoir si Amar Saâdani a définitivement enterré ses ambitions présidentielles. Car, malgré toutes les casseroles qu’il traîne, il a osé se comparer à Ouyahia…

Essaïd Wakli

Notez cet article