L’ONG Transparency International a publié, hier mardi, son rapport sur l’expansion des pratiques de corruption dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). 50 millions de personnes auraient ainsi eu recours à la corruption dans la région en 2015.

L’ONG a en effet abouti à des résultats très inquiétants, suite à une étude menée dans neuf pays (Algérie, Égypte,  Soudan, Maroc, Liban, Yémen, Tunisie, Jordanie et dans les territoires palestiniens). Cinquante millions de personnes ont dû mettre la main à la poche pour payer des dessous de table à des fonctionnaires pour qu’un problème soit réglé ou un service rendu.

Transparency International parle de gangrène qui ronge les sociétés concernées par cette étude. 61% des personnes interrogées considèrent que la corruption a augmenté durant l’année écoulée. La police, les tribunaux et l’administrationt sont pointés du doigt dans la plupart des pays de la région. Mais c’est au sein même du gouvernement que la corruption serait la plus présente. L’ONG a indiqué que les principaux bénéficiaires sont les agents du fisc, les membres du Parlement et les fonctionnaires de l’État.

Le tableau brossé par Transparency International  est peu reluisant et les propos de son président, José Ugaz, l’illustrent bien. Ainsi selon lui, «c’est comme si le Printemps arabe n’avait jamais eu lieu. Les dirigeants qui échouent en terme de transparence, qui échouent dans la promotion de la liberté d’expression et qui échouent à mettre fin à la corruption faillissent lorsqu’il s’agit d’apporter un peu de dignité dans le quotidien des personnes vivant au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Les droits de ces personnes sont sérieusement affectés».

Le seul pays qui sort finalement du lot, c’est la Tunisie. L’ONG a exprimé une certaine satisfaction quant au cas tunisien. Selon elle, ses institutions jouissent d’une certaine crédibilité et la population croit que la corruption peut être combattue au niveau individuel. 71% des personnes sondées ont répondu être prêt à dénoncer un acte de corruption, contrairement aux autres pays de la région où la corruption touche toute l’architecture de l’État.

Massi M.