Amar Adjili, l’internaute qui a filmé la triste décadence du complexe touristique de Matarès a été agressé ce samedi par les vigiles de ce village de vacances sous les ordres du premier responsable de cet établissement qui tombe en ruines, a-t-on appris de plusieurs sources concordantes. Le téléphone de ce militant en faveur de la protection du littoral a été confisqué par des agents de sécurité lesquels ont détruit sa “carte mémoire” pour l’empêcher de prendre de nouvelles images des ordures qui jonchent les cours et les chambres des bungalows de Matarès. 

Décidément, la vidéo d’Amar Adjili qui a fait le tour du web suscitant une vague d’indignation nationale a fortement déplu aux responsables de ce complexe touristique fortement critiqués par l’opinion publique qui réclame leur démission suite à ces images choquantes témoignant de la décrépitude honteuse d’un joyau du tourisme national.

“Lorsque je me suis installé à Tipaza, à quelques centaines de mètres du site archéologique, j’ai décidé de ramasser ces déchets qui gênaient le plaisir que j’avais à marcher sur la plage chaque matin. On trouve, jonchés le long de la mer des bouteilles, des emballages en plastique, des vêtements, des pièces auto, de la nourriture périmée, de la ferraille… Il y a les déchets recrachés par la mer, mais beaucoup sont laissés par les sociétés chargées de la collecte des ordures. À Tipaza, elles interviennent surtout à la saison estivale pour nettoyer les plages et les rendre propres pour les vacanciers. Le reste de l’année, elles interviennent très peu, et même, ne font pas leur travail jusqu’au bout. Il arrive par exemple que des déchets soient collectés, rassemblés, pour finalement être déversé en un point de la plage au lieu d’être amenés à la déchèterie. C’est un manque de sérieux qui devrait être sanctionné.  Il y a par exemple une belle bâtisse à l’architecture islamique qui est remplie de sacs poubelles. Les rats en ont fait leur royaume. J’ai décidé de m’y attaquer pour rendre au lieu sa splendeur d’origine mais avant cela, j’en ai fait une vidéo. J’avais tourné une première il y a plusieurs semaines”, a expliqué Amar Adjili dans son témoignage accordé aux Observateurs de France 24 pour expliquer les motifs qui l’ont amenés à réaliser cette vidéo où il dénonce la pollution et l’état d’abandon du village touristique de  Matarès.

Une action citoyenne qui vient de lui coûter une brutale agression.