Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, s’est exprimé lors de son discours d’ouverture de la 19ème tripartite sur la situation économique du pays. Des chiffres ont été avancés. Il en ressort que les réserves de change sont en chute libre, se situant à 106,9 milliards de dollars, contre 143 milliards en 2015. M. Sellal a également esquissé les contours du nouveau modèle économique que son gouvernement compte mettre en oeuvre.

La refonte du modèle économique a été placée ces derniers temps au centre de toutes les interventions du Premier ministre et à en croire ses propos, «la nouvelle stratégie économique, qui sera dévoilée très prochainement, réhabilitera des valeurs sûres telles que le travail, l’entrepreneuriat et la confiance en un modèle économique attrayant et porteur d’opportunités».

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Cela dit, les chiffres avancés par le M. Sellal sont loin d’être reluisants. Les réserves de change, qui constituent l’un des atouts majeurs du régime, ont fondu comme neige au soleil. Après s'être établies à 195 milliards de dollars en mars 2014, elles ont amorcé une tendance baissière en finissant la même année à moins de 179 milliards de dollars et à 143  milliards de dollars en 2015. Les dernières statistiques avancées par M. Sellal font état de l’établissement de ces réserves à 106,9 milliards de dollars US, soit un recul de 35 milliards de dollars en 12 mois, avant de perdre encore 37 milliards de dollars durant le premier semestre 2016.

Le chef de l’exécutif a également communiqué les chiffres relatifs au chômage qui s’élève, selon lui, à 11%. Malgré des statistiques moroses, M. Sellal s’est montré serein et surtout rassurant. «Le nouveau modèle économique sera axé sur le volet social», a-t-il indiqué, ajoutant qu’une guerre est actuellement menée pour lever les entraves qui plombent, depuis des décennies, l’amorçage d’une dynamique de décollage de l’économie nationale.

Outre les préoccupations économiques, le discours du Premier ministre a porté un message à forte connotation politique. «Il faut mettre un terme à la bureaucratie diabolique», a-t-il dit avant d’ajouter que «les reformes vont être guidées  par le gouvernement  et personne d'autre», en réponse à l’opposition qui dénonce une incursion des hommes d’affaires dans le domaine public et l’accaparement des prérogatives du gouvernement pour servir leurs intérêts personnels au détriment de celui de l’État.

Massi M.