Le harcèlement et la répression des non-jeûneurs sont de retour en Algérie. A Skikda, à l’est du pays, pas moins de 7 personnes ont été interpellées par les services de sécurité pour avoir « mangé pendant le jeûne du Ramadhan ». Et pourtant, selon plusieurs sources locales, ces personnes n’ont pas rompu ostensiblement le jeûne dans un lieu public. 

Ils ont consommé de la nourriture dans des lieux très discrets, à l’abri des regards inquisiteurs de la société. Preuve en est, ces non-jeûneurs ont été arrêtées au niveau du cimetière de la ville de Collo ainsi qu’au port de la ville. Pour leur part, des sources sécuritaires affirment que ces personnes sont en réalité des toxicomanes en possession de kif. C’est pour cette raison qu’ils ont été interpellées. Ceci dit, aucune preuve n’a été fournie par la sûreté de la wilaya de Skikda pour étayer ces informations. Soulignons enfin que ces personnes sont âgés de 30 à 47 ans. Il est à rappeler que le code pénal algérien, dans son article 144 bis 2, stipule clairement : « Est puni d’un emprisonnement de trois (3) ans à cinq (5) ans et d’une amende de cinquante mille (50.000) DA à cent mille (100.000) DA, ou l’une de ces deux peines seulement, quiconque offense le prophète (paix et salut soient sur lui) et les envoyés de Dieu ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’Islam, que ce soit par voie d’écrit, de dessin, de déclaration ou tout autre moyen ». Cependant, consommer de la nourriture dans un cimetière, loin des regards des autres, constitue-t-il une offense à l’encontre du Prophète et des préceptes de l’Islam ? Pas si sûr…