Nadia Matoub, la veuve de Lounès Matoub, assassiné le 25 juin 1998 à Tala Bounane (Tizi Ouzou), a déposé plainte, le 2 juin courant, contre Hassan Hattab, l’ex-émir du GIA et du GSPC, pour assassinat et tentative d’assassinat sur elle et ses deux sœurs.  

Nadia Matoub relance l’affaire de l’assassinat du rebelle 18 ans après le drame. Mme Matoub a introduit une plainte contre Hassan Hattab le 2 juin courant pour assassinat et tentative d’assassinat sur sa personne et ses deux sœurs.

Dans une déclaration rendue publique une semaine avant la commémoration du 18ème anniversaire de la mort de Lounès Matoub, sa veuve a expliqué que sa «démarche consiste à utiliser tous les éléments juridiquement exploitables et le premier d’entre eux est la revendication de l’assassinat de Lounès par celui qui s’affirmait émir des GIA au moment des faits». Mme Matoub a estimé qu’il était nécessaire de continuer le combat pour faire jaillir la vérité. À cet effet, elle a expliqué que l’arrêt de toute action judiciaire «ne fait que faciliter le confort psychologique des assassins à qui, sans doute, profitent les prétendues révélations et fausses informations entretenues autour de cette affaire ».

Concernant la procédure qu’elle vient d’initier, Mme Matoub a expliqué que son action ne constitue en réalité qu’une «première étape d’une démarche (…) qui permettra au moins de délier quelques langues et d’apporter des éléments qui rapprocheront de la vérité», ajoutant que la vigilance est de mise quant aux éventuelles failles de l’instruction à venir. Dans le même sillage, elle a également mis en relief la situation d’inconfort dans laquelle se trouveront les  autorités entachées par une enquête menée à la va-vite.

Consciente des enjeux, la veuve du rebelle a également, lancé un avertissement en direction de tous ceux qui tenteraient d’orienter cette affaire dans un sens qui arrangerait des velléités partisanes.

Rappelons que Matoub Lounès a été assassiné le 25 juin 1998,  dans un guet-apens tendu près de Tala Bounane (Tizi-Ouzou). Cet assassinat été revendiqué par Hassan Hattab qui avait, ensuite, bénéficié des dispositions de la loi sur la réconciliation nationale  pour enfin être assigné à résidence dans une villa, sur les hauteurs d’Alger, après sa reddition en 2007. Des bruits courent que l’ex-terroriste vit actuellement dans un appartement d’une banlieue de la capitale et bénéfice encore aujourd’hui d’une protection discrète.

Massi M.