Pour tenter de rattraper son retard en termes de rentrées en devises, la Sonatrach n’a pas trouvé mieux que de faire le choix de la facilité. Après des années d’hésitation, l’actuel Président-directeur général de la Sonatrach, Amine Mazouz décide finalement d’augmenter la production nationale d’hydrocarbures d’au moins 10% d’ici l’an 2025.

L’augmentation de la production nécessitera un investissement, à moyen terme de 70 millions de dollars. Un effort financier énorme e ces temps de crise économique. Un simple calcul qui ne rapportera, au maximum, que 3 à 4 milliards de dollars annuellement, très loin du déficit abyssal de plus de 30 milliards de dollars qu’enregistre le trésor par rapport aux recettes de l’année écoulée.

En plus du gain financier qui n’est pas extraordinaire, l’Algérie perdra, à travers cette augmentation de la production, une bonne partie de ses réserves en pétrole et gaz. Une injustice de trop qui est faite aux générations futures qui ne trouveront pas grand-chose dans le sous-sol de leur pays.

Cette dilapidation s’ajoute à la surexploitation des ressources naturelles qui a marqué la période où Chakib Khelil était ministre de l’Energie et des Mines. Durant le règne de ce ministre sur les hydrocarbures, l’exploitation des réserves en hydrocarbures a cru de plus de 70% par rapport à toute la période qui a précédé depuis l’indépendance. Une surexploitation qui est malheureusement passée sous silence par les scandales financiers provoqués par le même responsable. Et même si l’Algérie s’est « remplie les poches » avec plus de 200 milliards de dollars de réserves de changes grâce à cette exploitation massive des hydrocarbures, il n’en demeure pas moins que nos autorités ont échoué à placer notre pays sur l’échiquier mondial des acteurs les plus influents du secteur de l’énergie.

Comme d’habitude, il n’y aura pratiquement personne pour dire aux responsables de ce pays que la surexploitation des ressources souterraines peut faire gagner de l’argent dans l’immédiat. Mais cela risque surtout de priver les générations futures d’une ressource qui leur revient, eux aussi, de droit.

Essaïd Wakli

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