Ce mardi, la ministre de la Poste et des TIC, Imane-Houda Feraoun, a reconnu son échec. Le dispositif de filtrage de l’Internet et la censure des réseaux sociaux en Algérie n’a guère porté ses fruits. En dépit de ces mesures arbitraires et radicales, les sujets des examens du baccalauréat ont circulé sous les manteaux, a-t-on constaté. 

La transparence au concours du BAC 2016, une mission qui ne relève nullement des prérogatives de madame Imane-Houda Feraoun, a été encore une fois un échec retentissant puisque des sujets des épreuves de Physique et des Mathématiques ont fuité au niveau des centres d’examens. Mais, au ministère des TIC, on continue d’assumer cette censure qui a paralysé l’Algérie dans de nombreux secteurs notamment financier et économique. Et pour cause, le dispositif mis en place par le département de Houda Feraoun avec l’aide de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications (ARPT) s’est accompagné par le blocage de Google, le plus important moteur de recherche dans le monde, et de plusieurs services de messageries. Face à la vague d’indignation nationale, le ministère de la Poste et des TIC rectifie le tir et débloque les messageries et relâche de temps à autre l’accès aux réseaux sociaux. Mais, en réalité, la “marche arrière” du gouvernement s’explique surtout par l’usage massif des VPN. Des outils qui permettent de contourner ce blocage imposé par les autorités  aux internautes algériens. Mardi, dans un entretien accordé à l’APS, Houda Feraoun a reconnu qu’il était impossible de soumettre tous les VPN existants au dispositif du blocage. Selon nos informations, une première liste de VPN ciblés par les restrictions a été appliquée par le ministère de la Poste et des TIC. Toutefois, le nombre très élevé des VPN disponibles gratuitement sur Internet a rendu cette mesure caduque et complètement inefficace.

Des navigateurs comme TOR ou OPERA proposent dans leurs extensions des outils VPN.  Durant les premiers jours de blocage, ils ont été censurés. Mais les Algériens ont recouru à d’autres outils comme le  Hotspot Shield. Houda Feraoun et ses conseillers ont vite compris qu’il n’était plus possible de tout censurer. Ils finissent par relâcher la pression. Le constat d’échec est effarant d’autant plus qu’il démontre que la gestion de l’Internet des dirigeants algériens s’est avérée archaïque et désuète. Et madame Houda Feraoun qui justifie cette censure au nom de l”intérêt général” ne semble pas encore avoir compris que son dispositif impopulaire et inefficace est le premier à violer ce sacro-saint principe de “intérêt général”….