Inconnue du grand public, Nora Nedjaï a défrayé la chronique depuis qu’elle est mise en prison pour une banale affaire de signature d’autorisation de tournage.

Selon un ancien cadre du ministère de la Culture, Nora Nedjaî fait partie des « meilleurs cadres du pays ». Selon le même témoignage, la dame n’a «commis aucun crime » en signant une «autorisation de tournage » pour «une entreprise algérienne», à savoir NessProd, la boite de production qui a racheté KBC et El-Khabar. «Ce sont des actes administratifs qu’on fait chaque jour au niveau du ministère », ajoutera un cadre du ministère qui précise qu’en aucun moment « on n’a le droit de mettre en prison un fonctionnaire pour avoir accompli un acte administratif ».

Née en 1954 à Cherchell, Nora Nedjaï a un CV bien rempli. Artiste-peintre, épouse d’un autre artiste, elle est issue d’une famille de combattants. Son père était moudjahid. Son nom est donné à une place de la ville de Cherchell. Son frère est mort chahid tandis que sa mère, moudjahida, avait connu les geôles coloniales. Elle fut arrêtée un jour de Ramadhan 1956. Ironie du sort, sa maman avait écrit une lettre de prison où elle s’inquiétait de sa… Nora. Et 60 ans après, c’est cette fille chérie qui se trouve en prison, un jour de Ramadhan, juste pour avoir fait son travail.

Pour certains, Nora Nedjaï fais les frais de la guerre que livre le pouvoir à Issad Rebrab. Pourtant, elle « n’aurait jamais agi sans se référer au cabinet, donc au ministre ». Pourtant, Azedine Mihoubi ne veut pas assumer sa responsabilité…

Essaïd Wakli