C’est tout un symbole. Kenza Naila, originaire d’Oran, décroche son Baccalauréat à 17 ans avec une moyenne exceptionnelle de 19,7/20. Cette jeune fille est considérée comme la meilleure bachelière algérienne de tous les temps. La jeune Kenza n’avait qu’un seul rêve : rencontrer les hauts responsables de son pays pour leur soumettre une requête simple. 

Une requête qui porte un rêve d’enfance : aller étudier à l’étranger une spécialité pointue qui n’existe pas encore en Algérie, à savoir la biomécanique. Kenza a travaillé avec abnégation durant des années. Elle a veillé des nuits entières pour apprendre, exceller. Elle pensait qu’un jour son labeur sera reconnu, récompensé par les autorités de son pays. Ces mêmes autorités qui nous promettent le développement et la valorisation des compétences. Le mardi 19 juillet, Kenza, la meilleure bachelière d’Algérie a reçu une distinction de la main d’Abdelmalek Sellal. Au cours de cette cérémonie, elle pensait pouvoir enfin prendre langue avec le Premier ministre de son pays. Elle pensait qu’enfin un dirigeant allait lui tendre une oreille attentive. Que nenni. La meilleure bachelière d’Algérie a été tout bonnement humiliée par les services du protocole de Sellal. « Les services du protocole ont refusé que je m’adresse à M. Sellal pendant la cérémonie. Et il est rapidement parti au moment de la collation. Mme Benghabrit et M. Hadjar m’ont expliqué que ce n’était pas possible d’obtenir une bourse. Ils ont dit que les boursiers ne revenaient jamais en Algérie. Je suis extrêmement déçue », a confié la jeune Kenza à nos confrères de TSA.

La déception. Pis, une véritable blessure pour cette jeune fille qui s’est rendue à l’évidence, l’âme meurtrie, que les hauts responsables de son pays n’ont aucune considération pour les  jeunes qui excellent dans le savoir. Sellal et nos autres dirigeants préfèrent rencontrer de funestes personnages tel Madani Merzag, ou dérouler le tapis rouge à des oligarques suintant les affaires douteuses.

Kenza se contentera donc de sa moyenne pour la gloire. Kenza, après tant d’années d’efforts et de sacrifices, descend brutalement de son petit nuage et ne lui reste que sa déception pour se construire un avenir. Au Palais du Peuple, au cours de cette cérémonie, on lui a clairement signifié qu’elle peut enterrer ses illusions de décrocher une bourse. Pourquoi ? La réponse est évidente: son père ne s’appelle ni Ouyahia, ni Sellal, ni Saâdani, ni encore moins Tartag ou Gaïd Salah. Les enfants de tous ces privilégiés, et de bien d’autres pontes de la Nomenkatura , ont tous bénéficié de bourses d’études à l’étranger, sans évidemment atteindre des moyennes de 19,17 sur 20 comme l’infortunée Kenza.

En Algérie, on ne reconnait toujours pas le mérite. On préfère la filiation aux puissants cercles occultes. Dites-moi qui est votre père et quelle est sa fonction, je vous dirai quelle bourse je vous accorderai…

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