Le Consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ) a publié, hier, une nouvelle série de révélations dans le cadre des Panama Papers, portant exclusivement sur le continent africain. Une attention particulière à été accordée aux affaires de corruptions entourant le partenariat Sonatrach-Saipem. Le nom de Farid Bedjaoui continue de planer sur les affaires de corruption en Algérie.

 Les 11,5 millions de documents en possession de l’ICIJ, continuent de dévoiler les dessous insoupçonnés du scandale planétaire Panama Papers. Les informations publiées, hier, dévoilent encore une fois qu’un certain nombre de responsables algérien ont contribué, avec leurs homologues africains, au pillage du continent. C’est ainsi que l’on apprend que plus de 50 milliards de dollars US partent en fumée chaque année en Afrique, à cause des affaires de malversations.
Dans son traitement du cas algérien, l’ICIJ a réussi à reconstituer le maillage très complexe mis en place par Farid Bedjaoui, pour faire mousser ses activités illégales entre les côtes nord et sud de la Méditerranée. A la tête de 17 sociétés offshores, dont 12 ayant un lien direct avec des affaires de corruption en Algérie, Bedjaoui a été le fil conducteur et le coordinateur des transactions douteuses conclues entre la Sonatrach et  Saipem, filiale du géant italien de l’énergie ENI.
Les nouveaux éléments apportés par le travail d’investigation de l’ICIJ seront déterminants dans l’enquête menée par la justice italienne dans le cadre de l’affaire Sonatrach-Saipem. Des preuves de plus en plus irréfutables attestant d’une campagne de corruption et de blanchiment à grande échelle, dans laquelle serait fortement impliqué l’ex-ministre de l’Energie, Chakib Khelil, sont apportées à chaque nouvelle publication. Les révélations de l’ICIJ ont fait la description d’un vaste réseau composé de 12 sociétés offshores faisant office d’intermédiaires entre la compagnie italienne et des responsables algériens, dont l’ex-ministre de l’Energie qui auraient touché des sommes importantes d’argent sous forme de pots-de-vin pour céder des marchés avoisinant au total les 1 000 milliards de dollars US dans les secteurs de l’energie et les secteurs connexes.
Quel est le rôle du très controversé milliardaire Farid Bedjaoui ? Pour le Consortium des journalistes d’investigation, il était le maître d’œuvre, le prestidigitateur de cette colossale association de malfaiteurs. À travers ces révélations, on perçoit l’image d’un Bedjaoui jouant le rôle de coordinateur d’un gigantesque réseau de corrompus, un agent de liaison surnommé «monsieur 3%», en référence aux commissions qu’il touchait après la conclusion de «contrats surfacturés».
 N’omettant pas de souligner le fait que Farid Bedjaoui est le neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères Mohamd Bedjaoui, l’ICIJ a également insisté sur le fait que Mossack Fonseca avait créé 12 des 17 sociétés fictives liées à ce personnage. L’une d’elles, à savoir Collingdale Consultants a, selon ces révélations, été utilisée pour détourner environ 15 millions de dollars pour le compte  de ses associés, dont la famille de Chakib Khelil.
Le très énigmatique Farid Bedjaoui est également accusé d’avoir tissé une toile complexe pour dissimuler son argent, à travers 16 comptes bancaires se trouvant en Algérie, à Dubaï, à Hong Kong, au Liban, à Londres, à Singapour et en Suisse. Quelques-uns de ses actifs ont été saisis au Canada et en France, où la police a également saisi son yacht ainsi que des œuvres d’art de Warhol, Miró et Dalí.
Les autorités américaines ont, elles aussi, diligenté des enquêtes pour faire la lumière sur les méthodes peu orthodoxes de cet individu. Trois de ses propriétés new-yorkaises, dont une située sur la très chic Cinquième Avenue et estimée à 28,5 millions de dollars, sont sous le coup d’enquêtes.
Massi M.