Récupération des biens laissés à l’indépendance/ Le pari perdu des Pieds-noirs 

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Après des années d’attente, les Pieds-noirs, qui ont laissé des biens à leur départ d’Algérie en 1962, viennent d’avoir une réponse cinglante : le chef de l’Etat a annoncé, par le biais d’un message adressé aux Algériens à l’occasion de la fête de l’indépendance, que les biens qu’ils revendiquent sont considérés, par la force de la loi algérienne, comme «biens vacants», donc propriété de l’Etat algérien.

«(…) l’Algérie a pris des mesures légitimes en vue d’intégrer au domaine de l’Etat les biens individuels et collectifs demeurés vacants au lendemain de l’indépendance», a en effet précisé le chef de l’Etat, qui précise que cette décision est prise en conséquences de la spoliation, par la France coloniale, de biens qui appartenaient aux Algériens durant la colonisation. «Cette démarche a une relation avec ce que fit le colonisateur, au cours des années quarante du siècle dernier, des biens des populations de notre pays, elle a induit une mesure irréversible qui fait désormais partie intégrante de notre législation contemporaine», lit-on dans le document.

Avant le chef de l’Etat, le ministre des Moudjahidine avait, lui aussi, indiqué que les biens que revendiquent les Pieds-noirs appartiennent désormais à l’Etat algérien. Il avait même rappelé que certains de ces anciens propriétaires étaient indemnisés dans les années 1960 et 1970. Une autre manière de rappeler qu’il ne faut plus revendiquer ces propriétés.

Du coté français, on évite souvent de parler du sujet. L’affaire est tellement délicate que le ministre français des Affaires Etrangères, Jean-Marc Ayrault, a répondu par écrit à un député de droite de l’Assemblée nationale française. Le ministre refuse de donner raison à cette catégorie au nom de «la relation» entre les deux pays. Plus, il suggère à ses compatriotes d’adresser « des requêtes» aux autorités algériennes, s’ils le souhaitent. Or, ces autorités algériennes viennent de donner, publiquement, une réponse.

Des milliers d’immeubles, d’appartements et d’assiettes foncières ont été abandonnés par les Pieds-noirs au moment de quitter l’Algérie en 1962. Une majorité de ces biens ont été récupérés par l’Etat et cédés au Algériens. C’est le cas du parc immobilier qui existe dans les grandes villes, comme Alger, Oran, Constantine et Annaba.

Essaïd Wakli