En Algérie, les enfants des hauts responsables sont plus forts que la loi. A El-Mouradia, à la rue des Cèdres, un quartier chic situé tout près de  la Présidence de la République, les enfants d‘Ali Kafi, ancien président du Haut Comité d’État durant les années 90, à la suite de l’assassinat de Mohamed Boudiaf, sont en train de mener des travaux de construction anarchique, en dépit d’un jugement de la justice, datant de septembre 2015, qui avait ordonné l’arrêt du chantier « pour non-conformité du chantier avec le  permis de construire ». 

Mais les trois fils d’Ali Kafi n’ont nullement respecté cette décision de justice. Depuis plusieurs semaines, à la tombée de la nuit, de gros engins se mettent en branle et poursuivent ces travaux anarchiques qui ont causé des dégâts considérables à certaines villas mitoyennes.

Selon nos informations, les enfants d’Ali Kafi ont décidé de démolir leur belle villa située dans ce quartier intégré au périmètre de sécurité de la Présidence de la République. Après avoir récupéré l’assiette foncière qui s’étend sur presque 1000 m2, les enfants d’Ali Kafi ont vendu la moitié de ce terrain au fils de Mostefa Benmansour, l’ancien ministre de l’Intérieur en 1995, un influent promoteur qui compte à son actif de nombreux projets immobiliers dans les quartiers huppés de la capitale.

Selon plusieurs sources concordantes, à la place de l’ancienne villa d’Ali Kafi, les nouveaux propriétaires du terrain envisagent de bâtir deux immeubles haut standing. A la surprise générale, les enfants de l’ancien président du Haut Comité d’État ont obtenu un permis de construire alors que leur projet ne respectait pas les normes les plus élémentaires d’urbanisme. Pourtant, ce quartier est soumis à une réglementation stricte, puisque pour une simple location, il faut demander une autorisation au niveau de la Présidence de la République.

Un permis de construire obtenu dans des conditions troublantes, une législation bafouée et une décision de justice foulée au pied, les enfants des puissants dirigeants collectionnent les dérapages et les infractions. Malgré cela, aucune autorité n’ose les rappeler à l’ordre. Il aura fallu attendre ce 28 août pour voir les services de sécurité se mobiliser sur les lieux du site. Un responsable du service de l’urbanisme de la daïra de Bir Mourad Raïs a fait également le déplacement pour demander l’arrêt des travaux dans ce chantier suite aux nombreuses réclamations du voisinage. Mais ces injonctions seront-elles respectées par les enfants des anciens hauts responsables qui faisaient la pluie et le beau en Algérie pendant les années 90 ? Leur pouvoir semble n’avoir, en effet, rien perdu de sa superbe.

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