Après l’attaque des « historiques », le Bureau politique du FLN a réagi, mais sans son secrétaire général. L’instance exécutive, présidée par le secrétaire général par intérim du FLN, Mohamed Boumahdi, qui occupe ce poste depuis mai dernier, a rendu public un communiqué où il semble vouloir donner la réplique. Mais ce faisant, il nourrit d’avantage la polémique.

Faisant allusion aux interpellations des moudjahidine, le Bureau politique fait observer que « seuls les militants sont souverains quant aux décisions concernant leur parti conformément aux textes ». Et aux anciens maquisards qui ont rappelé que le FLN est le bien de tous les Algériens, les responsables rappellent que le parti appartient «exclusivement » à ses militants. «Le Bureau politique tient à réaffirmer que le parti du Front de libération nationale appartient exclusivement à ses seuls militants. De même qu’il (le bureau politique-NDLR) dénonce toute ingérence externe, en catimini ou à visage découvert, dans les affaires du parti», lit-on.
Le Bureau politique a réitéré également sa « confiance totale en la personne du secrétaire général du parti FLN, Amar Saâdani, en vue de préserver les acquis réalisés et de se préparer aux échéances futures ».
Dans une déclaration à une chaîne de télévision, Mohamed Boumahdi a même attaqué le groupe des moudjahidines en s’interrogeant sur «ceux qui se sont réellement enrichis sur le dos des Algériens», en référence à certains signataires de ce document.
Dans un appel rendu public samedi, d’anciens militants du FLN historiques s’en sont pris à Amar Saâdani et «sa bande» qui «ont pris en otage» le FLN. Ces historiques ont reproché également au secrétaire général du FLN d’avoir livré le parti aux trabendistes.
Étrange riposte d’un Bureau politique dont le secrétaire général est absent depuis trois mois. Si les responsables du FLN tiennent à préciser qu’Amar Saâdani est «en congé», il est à s’interroger sur cette absence prolongée d’un homme qui, il y a tout juste quelques mois, ne ratait aucune occasion de vilipender toute la classe politique. La question est d’autant plus légitime que l’homme se trouve à Alger. Est-ce la fin de mission pour Saadani ? L’hypothèse est de plus en plus crédible.
Essaïd Wakli