La Banque Mondiale prévoit une année 2018 des plus difficiles pour l’économie algérienne qui verra ses réserves de change chuter à un niveau critique.  

L’analyse de la Banque Mondiale (BM) est basée sur l’impact de l’effondrement des prix du pétrole sur la réalité économique de l’Algérie. À partir des données actuelles et prenant en considération le projet de redressement économique du gouvernement, la BM a établi un schéma traduisant une difficulté accrue à surmonter la crise que traverse le pays.

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La BM s’est particulièrement intéressée aux réserves de change de l'Algérie. Perçu comme étant le canot de sauvetage de l’économie algérienne, les réserves totales se sont amenuisées pour passer de «194 milliards de dollars en 2013 à 108 millions de dollars en 2016»,  et devraient, selon la BM, continuer à fondre pour atteindre les 60 milliards de dollars en 2018.

On remarquera que les chiffres fournis par la BM sont nettement plus pessimistes que ceux défendus par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Rappelons que ce dernier a assuré, le 13 juillet dernier, que les réserves se maintiendront à 111 milliards de dollars en 2019, tout en garantissant qu'elles ne glisseront pas sous le seuil  des 100 milliards de dollars.

La BM a également abordé le sujet des mesures dites «correctives» adoptées par le gouvernement. Pour l'institution de Bretton Woods, les mesures adoptées par les pouvoirs publics depuis le 1er janvier 2016 «sont une première étape en direction d’une éventuelle réforme complète des subventions coûteuses et régressives de l’Algérie», notamment celles destinées au carburant et  autres produits de première nécessité qui représentent «plus de 12 % du PIB».

Dans le même sillage, la BM met en avant le fait que «le budget permet aussi aux pouvoirs publics d’adopter d’autres mesures correctives si les prix du pétrole tombent au-dessous de 35 dollars le baril et d’emprunter sur les marchés extérieurs». Ces mesures concernent «les nouvelles licences d’importation, une augmentation des prix de l’électricité à un niveau plus proche de son coût et une nouvelle dépréciation de la monnaie».

Massi M.