Une Coupe du Monde et des Jeux Olympiques en l’espace de deux ans. Le Brésil a organisé en un laps de temps relativement court les deux manifestations les plus populaires du monde. Il s’est attiré les projecteurs médiatiques de toute la planète et séduit des millions de visiteurs. Le Brésil a définitivement prouvé que l’on peut rivaliser avec les plus grandes puissances sans appartenir forcément à l’Occident. Nous, Algériens, devrions apprendre de ce pays qui s’impose dans la cour des grands. 

Non, le Brésil n’est pas l’Occident. C’est un pays émergent qui, après 30 ans de forte croissance économique, est devenu, depuis 2011, la huitième puissance économique mondiale. Certes, depuis 2014, une récession ralentit son essor économique, mais l’ambition brésilienne est toujours là. Le pays a connu des protestations sociales et quelques troubles politiques. Mais, l’essentiel est toujours là: des institutions fortes, une justice indépendante malgré quelques couacs et une lutte contre la corruption de plus en plus efficace.

Le Brésil ne renie pas son histoire. Il assume parfaitement son métissage ethnique et sa diversité culturelle et linguistique. Il n’a pas mis les spécificités régionales sous le boisseau par un centralisme stérilisant. Il a grandi dans le fédéralisme, la concertation, la décentralisation et le respect des différences. En somme, tout le contraire de l’Algérie.

Le Brésil n’a pas développé de complexe du colonisé. Sa formation identitaire a intégré les différentes composantes de la société. Il a produit son propre modèle de développement. Et en dépit de certaines inégalités sociales, le pays fait partie des nations qui comptent dans le monde d’aujourd’hui.

La gouvernance brésilienne obéit à des critères rationnels qui devraient faire pâlir de honte les dirigeants algériens. Référons-nous encore à l’exemple des Jeux Olympiques: les divers chantiers olympiques ont nécessité la mobilisation d’au moins 13,8 milliards de dollars, une somme astronomique que le gouvernement brésilien n’est pas allé puiser en totalité dans les caisses de l’Etat. 57% de ce faramineux budget a été en effet apportée par des fonds privés. Car au Brésil, il y a un véritable secteur privé productif qui s’est développé grâce à une économie ouverte et diversifiée.

Le secret de cette réussite réside dans… l’agriculture. Celle-ci représente 8 % du PIB. Ce secteur a apporté une contribution déterminante à la croissance grâce à l’importance des exportations agroalimentaires. La-bas, les vastes terres agricoles ne sont pas laissées en jachère injustifiée comme en Algérie.  Avec une politique agricole intelligente, le Brésil s’est imposé comme le véritable nouveau «grenier» du monde. Pourtant, dans les années 80, le Brésil avait toutes les caractéristiques d’une économie fermée. Sauf qu’à Rio de Janeiro et Brasília, les réformes sont une profonde conviction. Et la bonne gouvernance, un véritable credo.

Après deux décennies de travail, d’abnégation et de bonne gestion, le Brésil des années 2000 ne se cantonne plus au seul domaine agricole puisqu’il présente également tous les caractéristiques d’une puissance industrielle. Preuve en est, le Brésil fabrique désormais même des avions avec l’emblématique Embraer. On ne compte plus, par ailleurs, les filières industrielles prometteuses et futuristes.

On l’aura compris, le Brésil, c’est tout le contraire de l’Algérie. On aura compris surtout que l’Algérie devra apprendre en urgence de ce grand pays d’Amérique du Sud pour se libérer du sous-développement.