C’est une mode qui en dit long sur la fiabilité de notre système de santé. De nombreux dirigeants algériens sont hospitalisés et terminent leurs jours en France. Ces dernières années, presque tous les hauts responsables décédés sont morts dans les établissements hospitaliers français. Le dernier en date est le général-major à la retraite et ancien responsable de la direction des relations extérieures et de la coopération au ministère de la Défense nationale, Abdelmalek Sassi.

Ce général-major est décédé, lundi, à Paris, à l’âge de 75 ans, des suites d’une longue maladie. Avant lui, c’était le général-major et commandant des forces navales, Malek Necib, qui est décédé en février 2015 dans un hôpital parisien. Auparavant, en janvier 2015, le wali d’Annaba est également mort à Paris. En décembre 2014, c’est l’inspecteur général des finances (IGF) au ministère des finances, Djahdou Rachid, qui a rendu l’âme dans la capitale française.

La liste est encore longue. Elle comprend même Ali Kafi, l’ancien président du Haut comité d’Etat algérien, décédé, lui, dans un hôpital de Genève, le 16 avril 2013. Ces dernières années, peu de hauts responsables, en fonction ou à la retraite, sont décédés en Algérie, suite à une hospitalisation dans un de nos « légendaires » établissements sanitaires. C’est dire que nos dirigeants ne font aucunement confiance à notre système de santé. Pourtant, officiellement, l’élite dirigeante dispose d’un accès privilégié aux soins à l’hôpital militaire d’Ain Naâdja, considéré soi-disant comme le meilleur hôpital d’Algérie.

Et ceux encore en vie préfèrent également dépenser leurs devises en France. Preuve en est, le général Khaled Nezzar, dans une mise au point adressée au média français Mondafrique, a confirmé qu’il se soigne à Paris. L’actuel ministre du Commerce, Bakhti Belaïd, a été transféré à plusieurs reprises pour subir des soins dans un hôpital parisien. Sans oublier que le feuilleton de l’hospitalisation du Président Abdelaziz Bouteflika en France et en Suisse dure maintenant depuis 2005.

Décidément, nos augustes dirigeants préfèrent fuir nos hôpitaux au lieu d’améliorer leurs prestations…