La statue de la Kahina, Dihya de son vrai nom, l’un des symboles de l’esprit de résistance qui anime l’Algérie à travers son histoire millénaire, a été incendié, hier, dans un geste d’inconscience et de déni de soi.

La statue de l’illustre chef de guerre amazigne Dihya a, en effet, été incendiée, hier samedi, à Baghaï, dans la wilaya de Khenchela. Érigée dans les années 90, cette statue, qui illustre un pan entier de l’histoire et de l’identité de l’Algérie, a fait l’objet de toutes les controverses. Digne héritière de l’histoire de la résistante à tous les envahisseurs, la Kahina s’est illustrée par son combat acharné contre les invasions arabes dans le contexte de l’expansion de l’empire musulman.

Une partie des Algériens, se croyant, par pure aliénation, «arabes de souche», s’opposent aujourd’hui, à tout ce qui a trait à la résistance contre l’invasion arabe.

Le sinistre Othmane Saâdi, président de l’Association de défense de la langue arabe, qui n’est en fait qu’une section du courant baâthiste en Algérie, avait ouvert la voie à ce genre de dénis, en déclarant, dès 2009, que la statue de Dihia était «kofr» (hérésie).

L’acte odieux et impardonnable qui vient d’être commis contre la statue de la Kahina donne un aperçu de la culture de la haine et du déni de qui est profondément enracinée dans une société otage de la logique d’un régime autoritaire.

Massi M.

 

 

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