Taoufik Mekhloufi sera, sans doute, la seule chance de médaille de l’Algérie aux Jeux Olympiques de Rio. Il vient de réussir là où de nombreux autres athlètes algériens ont échoué : se qualifier pour la finale d’une épreuve sportive. 

Le coureur algérien a terminé effectivement à la deuxième place  de la  première demi-finale disputée, samedi soir, au stade olympique Joao Havelange pour le compte des Jeux Olympiques 2016 de Rio de Janeiro. Il sera ainsi celui qui portera l’espoir de tout un pays. Un pays plus que jamais déçu par les contre-performance de ses sportifs durant les grands rendez-vous internationaux. Des échecs qui traduisent une profonde crise de gestion du secteur sportif et que nient les responsables des différentes fédérations et du Comité olympique algérien.

En dépit de l’élimination ridicule et rapide de plusieurs de nos athlètes dans différentes disciplines, à l’instar de la boxe, du judo, du football et d’autres encore, le responsable de la commission de préparation des  athlètes algériens pour les Jeux Olympiques, Amar Brahmia, continue de nous chanter que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.  « Nous avons tous fait pour que nos athlètes se préparent dans les meilleures conditions techniquement, financièrement et logistiquement », a déclaré, au début des épreuves, Brahmia à l’APS.

Cette est en net décalage avec la réalité puisque un simple travail sur le terrain permet de constater l’étendue du manque de moyens et de soutien dont souffre cruellement les sportifs algériens. Alors que le football bénéficie d’un soutien politique outrancier, les autres disciplines sont reléguées au second plan et les infrastructures sportives se détériorent de jour en jour à travers toutes les grandes villes du pays, comme en témoigne l’état des salles de sports, des piscines olympiques, des salles de boxe ou des pistes d’athlétisme. Pourtant, l’Algérie ne manque pas de talents. Officiellement, d’énormes budgets ont été injectés par le ministère des Sports.

Notre grand pays qui jouit d’une grande histoire sportive est réduit à ne compter que sur un seul athlète pour espérer voir le drapeau algérien se hisser au firmament de Rio de Janeiro. Pendant ce temps-là, de petits pays comme Singapour (une médaille d’or en natation), Porto Rico (une médaille d’or au tennis) ou le Kosovo (une médaille d’or au Judo), ont réussi à entrer  par la grande porte dans l’histoire des Jeux Olympiques. Les Algériens, eux, s’extasient devant les exploits des autres face à leurs postes de télévision.