Le système national de retraites est sérieusement menacé et les autorités sont en train de chercher les meilleures solutions susceptibles d’éviter des troubles sociaux.

Pour cela, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Mohamed El Ghazi, se déploie partout pour tenter d’expliquer la nouvelle réforme qui sera apportée au système de retraite et prévue pour l’année prochaine. Lundi soir, le ministre était l’invité de la télévision publique. Il a tenté d’expliquer la réforme par le souci de sauvegarder l’équilibre de la Caisse nationale de retraites (CNR) qui, a affirmé le ministre, fait face «a un gros fardeau». Il a indiqué qu’elle «verse chaque année 870 milliards de dinars pour 3 millions de retraités».

Le ministre du Travail est allé jusqu’à établir des comparaisons entre le système algérien et ce qui se fait à travers le monde. Ainsi, si le nombre de cotisants est de cinq pour un retraité en Europe, il est de 2,7 par retraité en Algérie. Autant dire la moitié. L’âge de départ à la retraite dépasse 60 ans dans beaucoup de pays (65 à 67 ans en Allemagne, 62 ans en France et en Espagne…).

En Algérie, le départ à la retraite anticipée, instauré depuis 1997, est devenu au fil des ans un vrai problème. Ainsi, le ministre a révélé que 52 % des retraités sont des gens qui ont moins de 60 ans. Ils sont parti, soit en retraite anticipée soit parce qu’ils ont atteint le nombre d’annuités cotisées (32 ans).

Le ministre s’est efforcé de donner ces chiffres parce que des syndicats ont menacé de sortir dans la rue si le gouvernement met en application la suppression du départ à la retraite sans limite d’âge. Une mesure qui a poussé de nombreux jeune retraitables à déposer leurs dossiers au sein des agences de la CNR. Ils n’ont plus que quatre mois avant que la décision du gouvernement n’entre en application, soit à partir de janvier prochain.

Essaïd Wakli