Les résultats de l’enquête réalisée par  l’Office national des statistiques (ONS) sur la situation du parc automobile algérien ont été  rendus public à la veille de l’Aid. Ils contiennent de nombreuses révélations, souvent à contre-courant des idées reçues, qui n’ont sans doute pas été suffisamment souligné par les médias nationaux.

C’est ainsi qu’à propos du nombre de véhicules circulant sur nos routes, on apprend qu’il n’est pas si élevé que ça en dépit d’une augmentation rapide au cours des dernières années. Si en effet le parc automobile national a totalisé 5,683 millions de véhicules à fin 2015 (en hausse de 250.000 unités  par rapport à l’année précédente), les véhicules de tourisme avec 3,655 millions d’unités ne représentent qu’un peu moins des deux tiers (64% ) de ce total.

Une voiture pour onze Algériens  

 Un total de 3,6 millions de véhicules de tourisme, c’est environ une voiture pour onze habitants en Algérie, soit beaucoup moins que dans la plupart des pays développés ou l’on compte généralement 2 voitures  pour 3 habitants. Une voiture pour onze habitants dans notre pays cela signifie aussi que plus de la moitié des foyers algériens, dont la taille moyenne est estimée à un peu plus de cinq personnes par d’autres enquêtes réalisées par l’ONS, ne disposent pas (encore) de véhicule. Pour plus de la moitié des Algériens, posséder une voiture particulière reste  donc encore un rêve.

Il est vrai que le parc automobile algérien compte aussi beaucoup de camionnettes avec 1.140 millions d’unités (plus de 20%), de camions avec 402 000 unités  (7 %), d’autocars et autobus avec 83.000 unités  (1,47%) et aussi, de tracteurs agricoles avec 151 000 unités (2,67%).

La moitié du parc a plus de 20 ans

Une autre idée reçue est fortement remise en cause par l’enquête de l’ONS. Il s’agit de celle selon laquelle la plupart  des véhicules roulant en Algérie serait désormais des véhicules neufs ou récents. La répartition du parc automobile selon les tranches d’âge des véhicules montre au contraire qu’en dépit du rajeunissement du parc automobile au cours des dernières années , le nombre de véhicules de  moins de 5 ans ne dépasse pas 1.368  millions d’unités (24,08 % de la totalité du parc à fin 2015). En revanche, les véhicules de 20 ans et plus compte encore pour près de la moitié du parc automobile national avec  2,772 millions d’unités, soit exactement 47,98% du parc.

Pas de «diéselisation» du parc automobile

 Une  idée reçue également battue en brèche par l’enquête de l’ONS concerne le type de carburants utilisé par les automobilistes algériens. De nombreuses publications et articles de presse indiquaient, au cours des dernières années, que le parc automobile algérien était majoritairement « diéselisé ». L’organisme public des statistiques indique au contraire que l’essence est la plus importante source d’énergie pour les véhicules avec une part de 66%, contre 34% pour le gasoil.

Une forte concentration dans l’Algérois

L’enquête de l’Office national des statistiques confirme en revanche ce que l’on pressentait à propos de la répartition régionale du parc automobile algérien.  L’ONS relève ainsi que les cinq premières wilayas qui comptent le plus grand nombre de véhicules sont Alger avec 1,496 millions d’ unités (26,33% de la totalité), suivie de Blida avec 311.000 unités (5,47%), Oran avec 293.000 unités se classe seulement à la troisième place (5,16%). Le classement est complété par Constantine avec 204.000 unités  (3,60%) et Tizi Ouzou avec 199.000 unités (3,51%). On relève donc que la «région algéroise» au sens large, en regroupant les wilayas d’Alger, Blida, Boumerdès et Tipasa concentre plus de 2 millions de véhicules et près de 40 % du parc automobile national alors qu’elle ne représente que moins de 15 % de la population algérienne.

Hassan Haddouche