Azeddine Zerari, dit Commandant Azeddine, qui a toujours renvoyé l’image d’un homme courageux, un baroudeur qui a fait face aux soldats de l’armée coloniale avec bravoure, tombe de haut et se fait traiter d’escroc.

Le dernier en date qui a révélé les frasques du dirigeant historique est l’homme d’affaires Mahiedine Tahkout. Ce dernier a critiqué publiquement le moudjahid à qui il a octroyé un prêt de 15o millions de dinars (15 milliards de centimes) que l’ancien chef du commandant Ali-Khodja, qui s’est servi de l’avocat Farouk Ksentini, n’aurait toujours pas remboursés. L’homme d’affaires rend l’affaire publique et accable ainsi un homme qui traîne des affaires d’argent depuis plusieurs années déjà.

Pour payer cette dette, Farouk Ksentini avance que le Commandant Azedine va vendre un immeuble situé au centre d’Alger. Or, des sources très proches de l’ancien combattant sont certaines que l’homme n’est que mandataire de ce bien immobilier. Il ne peut donc pas le vendre.

Cette affaire «Tahkout» n’est pas la première dans laquelle le Commandant Azeddine est englué. La veuve de Salah Boubnider avait déposé plainte pour réclamer le remboursement de 25 milliards de centimes qu’elle avait prêté à celui qu’elle considérait comme l’ami de son défunt mari. L’homme a été condamné à trois ans de prison ferme. La décision de justice n’a jamais été appliquée.

Beaucoup d’amis et proches du commandant Azedine sont dans la même situation. L’homme a fait croire à son monde qu’il a besoin d’argent pour fonder une société d’approvisionnement en eau de l’usine Tonic de Bousmaïl. Il a extorqué des fonds à plusieurs hommes d’affaires, journalistes et anciens maquisards. L’argent s’est volatilisé et aucune société n’a été fondée. Ils sont rares ceux qui ont déposé plainte. Mais tous savaient qu’ils n’allaient jamais récupérer leur argent. Et si le concerné avance un argument selon lequel «l’entreprise est toujours en cours », tout le monde a compris que le commandant Azedine n’excelle pas que dans le combat armé…

Essaïd Wakli

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