Alors que le niveau d’endettement du groupe Sonelgaz avoisine les 1800 milliards de dinars, soit près de 18 milliards de dollars, la direction générale de la compagnie vient de signer un accord qui offre des augmentations conséquentes des primes de départ à la retraite aux enfants de chouhada. Cette mesure contredit totalement les directives du gouvernement qui imposent une rationalisation des dépenses au sein des grandes entreprises publiques. 

Les employés de Sonelgaz sont indignés par la générosité sélective de leur administration alors que leur société est plongée dans de grandes difficultés financières. En effet, Algérie-Focus s’est procuré l’avenant numéro 11 à la Convention Collective qui a été ratifiée à la fin du mois de juillet par les PDG de toutes les filiales de Sonelgaz. avenant-sonelgaz-1

Cet avenant introduit des nouveautés qui choquent les observateurs de la situation économique algérienne. De nouveaux articles ont été élaborés par le syndicat UGTA de la société ainsi que les managers de Sonelgaz pour permettre aux enfants de chouhada de rajouter leurs bonifications, des avantages financiers intégrés à leurs salaires, à leurs primes de départ à la retraite. Ce qui signifie que, dorénavant, parce qu’un employé de Sonelgaz est fils de chahid, il pourra bénéficier d’une meilleure prime à la retraite en plus d’un avantage financier qui gonfle son salaire mensuel.

Ainsi, à titre d’exemple, si un cadre de Sonelgaz est fils un de chahid qui prend sa retraite après 32 ans de service, il peut empocher une prime allant jusqu’à 5 millions de DA. L’avenant signé récemment par les directions des diverses filiales du groupe Sonelgaz gonflera d’au moins 1 million de DA la prime de départ à la retraite des employés fils de chouhada. Cette augmentation substantielle intervient dans un contexte économique très délicat pour le pays et Sonelgaz. Une augmentation qui n’obéit à aucun critère de performance ou de mérite. Parce qu’un employé est uniquement enfant de chahid, il jouira d’avantages financiers qui dépassent largement les capacités financières de l’entreprise.

sonelgaz-2

Sonelgaz affiche chaque année des déficits et des dettes dans ses bilans annuels. Quatre entreprises sur les 36 du groupe ont un problème de trésorerie. Et en dépit de cela, cet avenant à la convention collective a été approuvée par les managers de Sonelgaz qui devra dépenser des sommes faramineuses pour mettre en application les nouvelles mesures.

Sonelgaz devra aussi trouver d’autres ressources pour financer le « glissement de catégories » décidé par cet avenant. Le nouvel accord imposé par l’UGTA impose une modification des emplois des filières du groupe Sonelgaz. Les chargés d’études séniors, ingénieurs d’études séniors, les cadres d’études, les assistants ainsi que les agents de sûreté vont tous monter dans les catégories des classifications salariales. Et pour chaque point indiciaire gagné, c’est une augmentation d’au moins 4000 DA qui s’ajoute aux salaires. Certaines catégories de salariés devront empocher jusqu’à 9000 DA d’augmentation par la grâce de cette modification qui n’obéit à aucun critère rationnel.

sonelgaz-3

Comment une entreprise publique lourdement endettée offre à ses cadres et employés des augmentations aussi élevées ? Les syndicalistes et les managers de Sonelgaz sont-ils conscients de la situation financière de leur pays et de leur entreprise ?