Ferhat M’Henni veut tout contrôler/ Le MAK est dans la tourmente

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Plus de 15 ans après sa création, le Mouvement indépendantiste kabyle vit dans la tourmente. Des dissensions internes sont apparues et sont même devenues publiques. Ainsi, l’autoproclamé président du Gouvernement provisoire kabyle (GPK), Ferhat M’henni, a fait état dans un discours prononcé il y a quelques jours à Paris, de la mise en place d’un « nouvel organigramme » et appelle à « plus de discipline » dans les rangs de son mouvement. Le MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, parti politique soutenant le GPK) a dit engager une réflexion.

Ainsi, sentant peut-être le vent tourner, l’historique président du MAK rappelle qu’il est toujours le maître à bord. « Je suis celui qui imprime à la ligne politique du MAK les changements dont le combat a besoin pour mener le peuple kabyle vers sa liberté. Conscient des très lourdes responsabilités qui sont les miennes, j’avais tenu, à la naissance de notre Mouvement, le 05/06/2001, à ne pas déstabiliser, par devoir moral, la structure principale qui gérait la grave et dangereuse situation du Printemps Noir. (…). Dès lors que le gouvernement provisoire kabyle est debout, l’objectif initial de l’autonomie porté par le MAK était dépassé. C’est vers la mi-novembre 2011, que dans cette salle, lors d’une conférence, j’ai pour la première fois invité le MAK à passer de l’autonomie au droit à l’autodétermination», indique le célèbre chanteur dont le discours est repris par l’agence Siwel, proche du GPK. Plus que cela, Ferhat M’henni explique que « le Projet pour un Etat Kabyle a été réécrit de manière à écarter toute autre option pour notre mouvement en dehors de l’indépendance du peuple kabyle », dit-il encore.

Ferhat M’henni va plus loin. Il accuse les membres du MAK d’indiscipline. «La phase que nous entamons ne permet plus l’amateurisme, ni l’approximation, ni le laxisme. La discipline est l’une des clés de réussite dans le monde. Tous les combats qui ont échoué l’ont été par défaut de discipline au sein de leur organisation », dit-il encore.

Les membres de l’intérieur, qui activent au sein du MAK, répondent par l’organisation d’une commission de réflexion. Le président de cette mouvance, Bouaziz Aït-Chebib a diffusé une vidéo dans laquelle il se dit disponible à engager la réflexion. Mais il est évident à travers notamment des commentaires de certains « militants » de cette mouvance, publiés dans les réseaux sociaux, le mal est profond. Certains jeunes n’hésitent même pas à traiter le président du GPK de dictateur. Est-ce le début d’un véritable malaise dans ce mouvement qui a réussi à ébranler les autorités algériennes ?

Essaïd Wakli