Chers amis,

Comme vous le savez, nous ne pouvons rester indifférents à votre sort qui est loin d’être enviable, non seulement à cause de votre situation économique qui s’est nettement dégradée depuis quelques années, mais surtout à cause de la banalisation de l’expression xénophobe et anti-islamique en France qui a fini par parachever le travail du Front National puisque maintenant on peut dire pis que pendre sur l’islam et les musulmans sans risquer les foudres de la justice.

Il faut se rendre à l’évidence. Le rapport de force est contre vous et rien ne sert d’accuser l’Occident de manière indifférenciée. On aime l’argent des Arabes mais sans les Arabes et on n’a rien contre les musulmans pourvu qu’ils restent chez eux. Nous avons cru comme vous, que les Socialistes resteraient toujours notre allié tant que nous partageons les mêmes valeurs humanistes et tant que nous partageons les mêmes idéaux de partage et d’égalité.

Ce rêve a fait long feu et l’érosion de la relation pourtant amicale et apaisée avec les milieux progressistes est due aussi ; il faut bien le reconnaître, à quelques brebis galeuses parmi vos enfants qui ont sombré dans la délinquance ou qui ont cédé aux sirènes de l’extrémisme islamique, lequel ne manque ni d’imagination ni de moyens pour vous marginaliser avec pour ultime objectif, un divorce définitif avec le reste de la société française.

Rien ne sert non plus de continuer à se démarquer des kamikazes et des poseurs de bombes au prétexte qu’ils ont usurpé le nom de l’islam. La réalité est là. Les Français dans leur grande majorité ne veulent plus perdre leur temps à débusquer les nuances et à savoir qui est bon musulman et qui ne l’est pas. On tue et on égorge au nom de l’islam et il faudrait être un saint pour ne pas en vouloir aux musulmans quand ils assassinent un parent, un ami, un proche. C’est injuste certes, mais telle est la réalité. Il faut la prendre en compte.

L’ensemble des événements tragiques qui ont touché la France et qui ont fait un grand nombre de victimes parmi les vôtres aussi, ont fait le lit d’une haine diaboliquement entretenue par la Droite Extrême, mais aussi par une partie de la Droite dite républicaine et par une bonne partie des Socialistes. Cela a fini par créer les conditions d’une véritable surenchère dans les arguments affutés à l’approche de l’élection présidentielle en France, et qui ciblent essentiellement la communauté musulmane.

Les experts ont décidé que l’islam était LE thème porteur et c’est donc à qui affûterait le mieux son argumentaire pour rafler la mise auprès d’un électorat déboussolé par les événements et chauffé à blanc par les médias. Au point qu’un gouvernement pourtant socialiste déploie une énergie considérable non pas pour diminuer les inégalités et créer des emplois mais pour courir derrière les voix des électeurs naturellement sensibles aux questions sécuritaires après les vagues d’attentats qui ont traumatisé l’opinion mondiale. C’est ainsi qu’on a assisté à un débat surréaliste qui a duré toute une année à l’issue de laquelle on a fini par abandonner le projet de déchéance de la nationalité, présenté comme la meilleure arme dissuasive susceptible de faire changer d’avis un kamikaze à l’idée de perdre son passeport en se faisant exploser.

Et puis il y a eu, la tenue vestimentaire islamique, la participation de Benzéma à l’Euro, l’islam et la République, le kurkini etc…Brefs des thèmes déterminants pour l’avenir de La France. Cette surenchère, curieusement menée par le premier ministre Manuel Valls a semé le trouble parmi les plus jeunes d’entre vous arrivés à l’âge du vote et qui ne connaissent pas ce vieil adage qui veut qu’en France la Droite déteste les Arabes et la Gauche les Musulmans. Peut-être ont-ils fini par comprendre comme leurs parents, que cette détestation clairement exprimée par le gouvernement actuel, signifie que les Socialistes non seulement ne sollicitent pas leurs voix mais qu’ils s’en fichent comme d’une guigne. Peut-être aussi, est-ce une mauvaise manière faite au Président Hollande dont l’élection à la Présidence de la République a été acquise par le vote des « quartiers », le privant ainsi d’une réserve de voix pour le cas où ?

La situation politique actuelle en France nous préoccupe autant que vous, même si les raisons ne sont pas les mêmes. Nous avons à cœur de vous faire connaître notre analyse en tant que média indépendant, libre et progressiste dans l’espoir qu’elle vous aidera à y voir un peu plus clair, d’autant que les échéances approchent et que vous avez la possibilité par votre participation au scrutin des primaires, d’alerter les candidats sur la réalité de votre situation et de peser pourquoi pas, sur le cours des choses.

Quel est l’état actuel des lieux ?

Les sondages donnent Marine Le Pen présente au second tour, contre le candidat de la Droite ( L.R ) Sarkozy ou Juppé selon les résultats des primaires. La gauche pour l’instant semble éliminée.

Une certitude : dans cette élection présidentielle, en cas de duel Le Pen – Sarkozy, c’est ce dernier qui sera élu grâce à un dernier sursaut républicain, pas aussi massif que celui du duel Chirac – Le Pen, mais suffisamment rassembleur pour le faire élire. Dans ce cas de figure, votre situation en France est définitivement compromise puisque cela fait partie des promesses électorales rodées actuellement dans les meetings de Sarkozy (nos ancêtres les Gaulois etc…).

Comment éviter cette catastrophe ? En faisant élire Alain JUPPÉ aux primaires de la Droite. Beaucoup parmi vous ne savent pas qu’ils ont le droit de voter aux primaires de la Droite même s’ils ne sont pas inscrits dans un parti de Droite. Le scrutin est ouvert à tous les électeurs. La solution est donc très simple : il suffit d’aller voter en masse pour Alain JUPPÉ au premier et au deuxième tour des primaires de Droite pour éliminer le spectre Sarkozy.

Résultat : à l’élection présidentielle, Alain JUPPÉ sera élu contre Le Pen grâce à l’apport de vos voix. Ceux parmi vous qui ont toujours voté à gauche devront se consoler en pensant qu’ils auront fait jouer leur réflexe républicain pour essayer de sauver le dernier rempart qui tient encore, face à l’arrivée du populisme et du fascisme en France. C’est une maigre consolation mais c’est un moindre mal.

Aziz Benyahia