L’expert en pétrole Mourad Preure pense que l’action initiée par les Etats membres de l’OPEP et les pays non-OPEP pour tenter de reverser la vapeur sur les marchés pétroliers est délicate et difficile à réaliser. Selon lui, l’influence de l’OPEP a grandement diminué ce qui fait que même si elle se voit renforcée par l’appui de certains pays non-Opep, cette action ne pourra, à court terme, que stabiliser un tant soit peu les marchés. Cependant, l’expert conclut sur une note optimiste pour dire que la tendance prendra une tournure favorable aux pays producteurs sur le long terme.       

Intervenant, ce mercredi, sur les ondes de la radio publique, Mourad Preure a tenté d’expliquer la situation des marchés pétroliers qui ont connu des  changements significatifs avec l’émergence des États-Unis comme un des plus grands exportateur de pétrole dans le monde.

Face à la nouvelle donne, les marchés se trouvent confrontés à un nouveau «paradigme pétrolier». L’influence déclinante de l’OPEP, additionnée à une abondance de l’offre mondiale, résultat de l’apparition d’un nouveau produit, à savoir le pétrole et le gaz de schiste, ont fait des marchés un champ de bataille. «Les pays producteurs sont en passe de faire exploser tous les records de production», a expliqué l’expert dont les propos traduisent la volonté des États producteurs à maintenir les recettes pétrolières à un niveau appréciable grâce à une augmentation de la production et donc des exportations, ce qui a conduit à inonder les marchés mondiaux. Au bout du compte, cette logique binaire adoptée par les pays pétroliers a fini par leur porter préjudice.

Se basant sur cette approche, M. Preure table sur le principe du gel de la production qui, selon lui, reste l’alternative la plus viable. La question du gel sera au centre de la réunion qui aura lieu en marge du 15ème Forum international de l’Énergie, du 26 au 28 septembre à Alger. Pour l’expert, les pays producteurs, l’Arabie Saoudite en tête, n’ont guère le choix, s’ils veulent voir les marchés se stabiliser.

Animé par un optimisme loin d’être partagé par les experts du secteur, M. Preure souligne le fait que la politique pétrolière américaine actuelle est à l’origine des turbulences que connaissent les marchés.  «Les réserves pétrolières américaines sont quatre fois supérieures à celles de l’Algérie», rappele-t-il, ajoutant que malgré cela, la crise ne va pas durer «longtemps» et que les prix, sur le long terme, vont de nouveau être orientés à la hausse en raison d’une demande croissante des pays émergeant. D’où, selon lui, la nécessité pour les pays producteurs de «garder leur sang-froid».

Massi M.  

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