Les autorités ont, encore une fois, usé de censure en annulant la projection d’un documentaire, programmé pour jeudi 8 septembre, dans le cadre des rencontres cinématographiques organisées chaque année à Béjaïa. L’oeuvre traite d’un sujet sensible, pour ne pas dire tabou, en l’occurrence les élections présidentielles de 2014 ayant permis à Abdelaziz Bouteflika d’être réélu pour un quatrième mandat.

La projection du documentaire «Vote Off», du réalisateur Fayçal Hammoum, a, en effet, tout simplement été annulée, faute de visa officiel, a indiqué Abdenour Hochiche, président de l’association Project’heurs, organisatrice de l’événement.

Le film propose aux téléspectateurs une lecture de l’événement sous deux angles différents. D’un côté, on peut suivre une campagne électorale qui faisait office de simple formalité pour un président absent, mais pourtant omnipotent. Et de l’autre, on pouvait également toucher les appréhensions du peuple quant aux processus électoraux. «Il ne sert à rien de voter», tel semble être l’idée véhiculée par la majorité des jeunes interrogés dans ce documentaire.

Au-delà de l’annulation de la projection de ce documentaire, qui dérange une classe dirigeante rétive à tout ce qui met en cause sa légitimité, l’acte révèle une législation liberticide: «Toutes les projections en Algérie, qu’elles soient dans un cadre commercial ou dans un cadre de manifestation culturelle sont soumises à autorisation, à visa».

Cela dit, une autre activité a été programmée en lieu et place de la projection, à savoir un débat en présence du réalisateur et du producteur sur la question de l’indépendance du cinéma et sur cette loi qui rend obligatoire une autorisation de l’Etat pour diffuser des films.

Massi M.