La Présidence de la République va nommer l’ancien Ministre, Abdelwahab Derbal, à la tête de la Haute instance indépendante de surveillance des élections, mais après avoir consulté les partis politiques.

Pour ce faire, les formations politiques doivent se prononcer sur le sujet d’ici la fin du mois. « En exécution des instructions du chef de l’Etat, le cabinet de la présidence de la République a informé ce jour, les partis politiques agréés que le président de la République envisage de nommer Abdelwahab Derbal à la présidence de la  Haute instance indépendante de surveillance des élections et leur a demandé leur réaction à ce sujet, avant la fin de ce mois d’octobre », indique la présidence dans un laconique communiqué. La Haute instance indépendante de surveillance des élections a vu le jour à la suite de la nouvelle constitution adoptée en février. Celle-ci devra remplacer les «Commission nationale de supervision des élections»et la «Commission nationale de surveillance des élections».

Ses 410 membres sont des juristes et de personnalités de la société civile. Selon la constitution, cette Haute instance assure la neutralité de l’administration. C’est dans cette optique que le Chef de l’Etat veut nommer son président qu’après avoir consulté les partis politiques. Abdewahab Derbal fera-t-il l’unanimité ? Celui-ci a l’ «avantage» d’être « originaire » de l’opposition notamment, avant de rallier le clan présidentiel aux débuts des années 2000. Chef du groupe parlementaire du parti islamiste Nahda, Derbal s’est retrouvé en 2004 dans le comité de soutien à Abdelaziz Bouteflika, dans sa direction de campagne plus précisément, pour son second mandat. Par la suite, il a été ministre de l’agriculture, puis des relations avec le parlement. Quelques temps après, l’ancien islamiste s’est retrouvé représentant permanent de la Ligue arabe auprès de l’Union européenne. En tous cas, l’option de la présidence de la République ne risque pas finalement d’être rejetée étant donné que le plus gros des partis qui vont être consultés, en plus de ceux de la coalition gouvernementale, gravite autour du Chef de l’Etat. Les quelques partis d’opposition ne risquent pas de faire entendre leurs voix.

Elyas Nour